Rayon de lune

Au fil de ma plume et de celles que je rêve

15 décembre 2007

All the way down

All the way down

Je ne veux plus souffrir la morsure du souvenir : tout est vain, tout s'enfuit, tout est voué à mourir. Avant même qu'on ait pu le saisir, le bonheur nous file entre les doigts. Je l'aperçois là-bas, il m'a jeté un coup d'oeil narquois avant de disparaître. Je reste ici, pantelante, tremblante, absente. J'ignore après quoi je cours : est-ce toi ? est-ce moi ? Peut-être que je fuis, tout simplement, un présent vide, un passé qui fait mal, un futur incertain... Le moindre mouvement est un effort qui m'épuise, j'avance à tâtons dans une nuit trop sombre à la recherche de mon pauvre coeur. Triste, il verse des larmes de sang que la nuit dévore. J'ai beau l'appeler, il ne m'entend pas. Je n'arrive plus à le raisonner, c'est comme s'il m'était devenu étranger. Je ne suis plus dupe de ce grossier décor qui m'entoure. Jouer la comédie ne m'amuse plus, laissez-moi seulement dormir. De toute façon, lorsque je me réveille, c'est pour geindre sans cesse. Je ne sais que me lamenter et j'ai conscience de la vanité de mon attitude. Mes mots me semblent si vides, mais ils ne sont que le reflet de moi-même. Comme tout cela est dérisoire...

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Il est tard...

Il est tard et mon coeur pleure des larmes d'encre
Qui se noient dans la nuit où s'épanche ma peine.
C'est un sillon profond que ma douleur échancre
Je n'ai même plus de coeur, tout en moi n'est que peine.

Il est tard et je bois au calice la lie
Des passions qui me font depuis longtemps souffrir.
J'erre et tout me fait mal, même l'absence de bruit
Je suis comme un fantôme las de ne pas mourir.

-Il est tard petite soeur, il est temps, va dormir.
-Non, je n'ai plus de coeur, tout en moi se morfond
-A quoi bon s'évanouir en un flot de soupirs?
-Je ne sais que gémir quand a fui ma raison.

Touti, le 15/12/2007

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08 décembre 2007

Falling slowly...

Falling slowly

Cette mélodie est si douce, pourtant tu trouves qu'elle sonne faux. C'est à cause de toutes ces discordances : elles te font mal mais tu les écoutes quand même. Et tu ne peux t'empêcher de les trouver belles. Elles glissent en douceur le long de ta peau, elles caressent doucement ton coeur à l'endroit où la plaie béante refuse encore de se fermer. Cela ressemble un peu à un poème, mais en plus doux. Et tu te laisses bercer. Parce que tu n'as qu'une envie : que le vent t'emporte, doucement et très loin.

Le monde est de plus en plus flou mais tu aimes te perdre dans ces vagues-à-l'âme. Ils sont le plus sûr moyen de ne jamais te retrouver seul en face de toi-même. D'un battement d'aile à un battement de coeur, il n'y a qu'un souffle, ce sont deux notes qui se touchent sur le piano mais se distinguent sur la gamme. Sauf que tu n'es pas musicien, et la seule chose que tu perçois, ce sont les variations de la mélodie, tendres et à peine perceptibles. Tu aimerais que jamais ne s'arrêtent ces notes, tu essayes de les saisir mais déjà elles s'envolent et tu sais bien que c'est parce qu'elles sont éphémères qu'elles te sont si chères. Tout passe, tout s'en va, suis le mouvement et ne résiste pas. Ton corps est plus léger que ces feuilles mortes qui tourbillonnent là-bas dans l'hiver glacial, déjà elles ne ressentent plus le froid. Tu n'as rien à leur envier, elles sont comme toi, de fragiles et pâles épaves que le vent emporte, doucement et très loin.

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La nuit est belle

La nuit est belle, mon coeur
Ni toi ni moi n'existons plus
Le temps atténue la douleur
Et le passé en moi s'est tu.

La lune est reine, mon ange
Dans son palais de nuages
Elle ne veille plus sur Pierrot, étrange ;
Mais elle connaît son coeur volage.

L'air est glacé, mon amour,
Mon corps tout entier n'est que froid
Je ne sens même plus les contours
De ton visage sous mes doigts

La neige nous a recouverts
De son blanc linceul éphémère
Ne trouves-tu pas, mon coeur
Que la nuit est belle ?

Touti, le 8/12/2007

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04 décembre 2007

Ebauche de réflexion

J'ai envie de ressentir ce frémissement si caractéristique qui me parcourt l'échine quand sans que je m'y attende, une émotion me frappe de plein fouet. Cette accélération des battements du coeur dans la poitrine, ou juste l'impression qu'il va se décrocher ou s'arrêter, comme le temps qu'on aimerait tant faire ralentir ou reculer. Il suffit d'une triste mélodie, d'une poignée de mots doux glissés à l'oreille, d'un regard empli de tendresse, pour s'envoler. Il suffit d'un instant, d'une parole, d'un éclair d'incompréhension pour que tout se brise. Je voudrais juste comprendre pourquoi je suis si fragile, pourquoi des fragments de ma vie me heurtent comme des morceaux de verre qui m'écorchent, pourquoi une douleur sourde résonne dans chaque parcelle de mon être pendant si longtemps, pourquoi je ne peux pas envisager les choses sereinement. J'ai l'impression que je peux me voir comme la lumière blanche au travers d'un prisme, observer chacune de mes composantes, bien distinctes, mais leur entrelacs est si complexe que malgré tout je m'y perds.

Je parcours les chemins de mon existence, lentement, prudemment, je recueille de ci, de là, des petits lambeaux de sagesse (du moins, ce qui y ressemble), des vérités relatives que j'apprends à manier avec précaution, et ainsi l'air de rien, sans m'en rendre compte, j'avance. Mais la route est semée d'embûches, et souvent je trébuche. Je sais aussi que sur d'autres chemins, d'autres comme moi tombent et se relèvent, que ce que j'écris ne sert à rien, mais je continuerai quand même.

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03 décembre 2007

Nuit de pluie

Nuit de pluie ruisselante de mélancolie,
Une larme étincelle sur la joue de Pierrot,
Laissant une traînée scintillante que suit
Un rayon de lune sur la pâleur de sa peau.

Nuit de bruine incessante, une mélodie d'or fin
Sous la voûte d'ébène fait briller mille étoiles
Et cisèle la nuit de plics plocs cristallins
A l'heure où mon navire enfin hisse les voiles.

Nuit sinistre et trompeuse, pour mon coeur enjôleuse
Au matin, je m'éveille et tout a disparu,
J'ai tout rêvé : Pierrot, cette pluie merveilleuse...
Je n'entends plus mon coeur qui soudainement s'est tu.

Touti, le 3/12/2007

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02 décembre 2007

Petite impro bourrée de clichés

Je marchais en équilibre quand
J'ai perdu soudain le fil du temps.
Les mots se sont dérobés,
L'espoir est parti en fumée :
Des volutes au parfum d'hier
Qui restent à l'état de poussière
Poursuivent leur course sans fin

Aujourd'hui ressemble à demain
Et à tous les autres jours
Puisque plus rien ne rime avec
Un mot qui me laisse le coeur lourd.

Touti, le 2/12/2007

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Saison des pluies

Le soleil brille dehors mais il n'entre jamais
Dans ma tour de verre aux tentures écarlates,
Le dédale de ce palais des glaces m'effraie
Sous mes allures d'humain, je suis un automate.

J'erre dans les méandres de ma prison de cristal
J'égrène les mots en sachant que tu n'entends pas
Les notes mélancoliques tombant de l'astre pâle
Qui à peine jouées, sombres et amères, se noient.

En ma triste demeure balayée par les vents
Où le soleil aveugle les rayons de pluie,
Des averses de larmes baignent mes tourments,
Et la mer qui berçait mon coeur l'a englouti.

Touti, le 2/12/2007

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01 décembre 2007

Pierrot de papier

(Un petit texte que j'ai écrit cette semaine, en essayant de mettre des mots sur mes sources d'inspiration, pas facile mais instructif, et à la relecture ça me fait bizarre. Et j'ai un problème avec le dernier vers parce que la référence pascalienne me gêne et en même temps je vois pas quoi mettre d'autre, l'idéal serait de n'y voir aucune connotation philosophique.)

Pierrot danse en équilibre sur ma plume
Sous ses pas, l'encre se teinte d'amertume
Son chemin semble suivre une ligne sinueuse
Je perds parfois sa trace dans la nuit nébuleuse.

Il revient sans un mot, se blottit sans un bruit
A l'ombre de mon coeur, prend ma plume et écrit.
En orfèvre, il cisèle les mots que ma conscience
Confuse et étourdie lui murmure en silence.

Je ne sais si je l'aime, ce génie, ce clown blanc,
Cet enfant de la lune si proche et si distant,
Il est comme mon ombre, présent, insaisissable,
L'avatar éthéré de mon moi haïssable.

Touti, le 27/11/2007

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28 novembre 2007

Périple lillois : une bouffée d'oxygène

Après moultes hésitations et malgré les risques de ne pas parvenir à bon port, j'ai pris mon baluchon et décidé de tenter coûte que coûte l'aventure qui allait me conduire dans le grand Nord à la rencontre de ma chère Mamadou. Au bout de six heures de train, en passant par Saint-Pierre-des-Corps (où j'ai cru un moment que j'allais rester bloquée XD) puis Paris (heureusement le métro circulait à peu près régulièrement), je suis arrivée en gare de Lille-Flandres où Delphinoute m'attendait avec sa grande crinière rousse.

Décidément, j'aime barouder, peut-être parce que ce sont les seuls moments où je réussis à échapper à la grisaille de mon quotidien... j'aime voyager en train, regarder les paysages défiler à toute allure, ça me met dans un état second, j'ai vraiment l'impression de m'évader, d'échapper à moi-même. L'ambiance des gares aussi, tous ces gens pressés, en route vers un ailleurs, et puis après, l'arrivée, chercher des yeux la personne qui vient vous chercher, la joie des retrouvailles. Ce sont des étincelles, des rayons de soleil qui viennent briser la monotonie d'une routine aliénante et déprimante. Tout ça pour dire que partir un peu m'a fait du bien, même si une fois revenue, j'en suis toujours au même point.

J'en ai marre de la grève, déjà que je suis pas quelqu'un qui arrive à se motiver en temps normal, mais là en n'ayant plus cours, c'est devenu à peu près impossible (la preuve : je suis à la BU pour bosser et je me mets à poster sur mon blog). J'ai une flemme monumentale de travailler à ce fichu mémoire, et puis je me dis que j'ai pas envie d'être prof, qu'il va falloir que je m'affole pour trouver quelque chose à faire de ma vie. Des fois, ça me fait trop flipper, à d'autres moments (comme maintenant), j'écris ça avec indifférence, ça me donnerait presque envie de sourire tant c'est désespérément moi, toujours à geindre, jamais à se bouger. J'ai envie d'écrire sur des tas de choses, mais quand j'essaye, j'y arrive pas, je suis pas satisfaite. Peut-être parce que je spleene pas assez ces temps-ci (oui j'ai même plus la force de spleener). Je me sens vide.

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