16 juin 2008
Fantaisie du rêveur
Une autre collab réalisée pour le casting de la 4ème de couverture de Voyageurs n°2, un texte que j'ai écrit d'après l'illustration d'Hannibal (pour voir tous les bonus de Voyageurs n°2, cliquez ici) :
Mots d'automne
Encore une collab réalisée avec Faust, qui a mis en images mon poème (il y a de cela un moment vu que ça date de septembre 2007 mais je ne la poste que maintenant parce qu'on avait proposé ce texte illustré au casting de Voyageurs n°2 ; toutefois, il n'a pas été retenu) ; c'est un texte qui me tient particulièrement à coeur, quant à l'illu, elle se suffit à elle-même pour rendre compte du talent de l'artiste (il faut cliquer sur l'image pour la voir en plus grand) :
15 juin 2008
Voyageurs n°2 enfin dans les bacs !
L'été dernier, le collectif Voyageurs, édité par l'association LEA (http://asso-lea.com pour plus d'infos) sortait son premier numéro : dessinateurs, mais aussi photographes et écrivains y étaient à l'honneur, réunis par la passion de l'art sous toutes ses formes.
Depuis hier, le deuxième opus est disponible : plus de pages, donc plus de belles choses à voir et à lire, et un prix plus attractif. De quoi régaler vos mirettes ! Je suis heureuse de faire partie de cette association et fière d'avoir de nouveau un texte édité dans le n°2, écrit d'après une illustration d'Etanie.
VOYAGEURS N°2 |
Commandez Voyageurs #2 !
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L'art, la vie, l'été, les livres...
Le ciel nantais se conjugue de plus en plus souvent à l'azur, non sans quelques parenthèses de pluie grise. Disons qu'elles contribuent à rendre le bleu plus précieux. Dans l'étrange atmosphère de fin d'année, qui ne me parvient que par effluves, je distingue, comme à travers la lunette d'une longue vue que je tiendrais à l'envers, la vie des autres. Ils sont engoncés dans la douillette couverture du quotidien, tandis que je me laisse un peu dériver à vau l'eau. J'ai déambulé dans les couloirs vides de la fac et apprécié la tranquillité du campus désert avec l'impression que ce calme si apaisant n'était pas réel, et tout en faisant l'expérience de son empirique réalité. C'est comme si j'étais un peu à l'écart de tout ça : le monde autour de moi est à la fois grisant et angoissant tandis que j'ai l'impression de ne pas pouvoir lutter contre une écrasante torpeur.
Dans ce dédale de sensations étouffées, je goûte quelques miettes d'éternité piochées au hasard des rencontres et des événements qui balisent mon petit sentier. Quelques auteurs épars : de Dostoievski à Bruen, en passant par Duras ; en eux, je retrouve un peu de moi, ce petit peu que je ne saurais mettre en mots précisément parce qu'ils se situent au-delà, dans la connivence infime mais essentielle que j'établis avec eux. Et parce que les livres magiques se font trop rares, je déniche des parcelles d'art dans les concertos de Grieg et Schumann : difficile de définir ce qu'on ressent dans une salle de concert lorsque l'orchestre commence à jouer, là encore c'est au-delà des mots : une vague d'émotions diverses nous submerge et c'est tellement beau qu'on a du mal à intégrer que ça puisse exister même si (ou justement parce que) ça se passe sous nos yeux ; j'ai ressenti quelque chose de similaire tout à l'heure devant les dessins et peintures de John Howe : des couleurs comme celles-là, je ne les avais vues jusqu'ici que dans la nature et je ne pensais pas que l'homme puisse en jouer de manière aussi harmonieuse. Je me rappelle nombre de ciels où se mélangeaient les teintes les plus improbables de rose, violet, orange et bleu ; je ne pensais pas qu'on pût capturer de telles beautés sur une toile, et pourtant...
Et à mon tour, j'essaie de retenir dans quelques mots quelques fragments de beauté, faute de réussir à aligner quelques vers qui à regret me font défaut.
17 mai 2008
Ecrire ?
Je ne prétends pas détenir la vérité. J’écris parce que cela me semble nécessaire. L’idée de raconter une histoire m’horrifie : la gratuité de la fiction me laisse entrevoir la vanité de nos divertissements. Aligner des mots les uns à la suite des autres revient à répéter des combinaisons déjà effectuées par d’autres. Le réel est ailleurs, il se cache au-delà des mots, et je ne sais pas le saisir. C’est pourquoi écrire en prose me terrifie. Lisant un texte, je sais en souligner les incohérences, et relever les choses qui me gênent. Mais écrire est une autre histoire. A partir du moment où je prends le risque de coucher des idées sur le papier, je me sens affreusement maladroite et prise au piège. Surprise en flagrant délit d’impudeur ou de mensonge. C’est comme se jeter en pâture aux lions dans l’arène. Le danger est trop grand et je n’arrive guère à m’y résoudre. Le langage est tellement codé, tellement plein d’automatismes, comment peut-on espérer faire œuvre originale ? Je ne sais écrire qu’en vers, parce que seul le langage poétique me permet de dilater le sens des choses.
L’histoire n’est qu’un support dont la densité doit être suffisante pour résonner en chacun des sujets qui la lira. « Je » est le protagoniste anonyme et universel de toute fiction réelle, c’est-à-dire qui se donne à lire comme plus vraie que la réalité. Ecrire sans avoir quelque chose à dire est pure vanité. L’idéal serait de ne parler que de l’indicible, de tout ce qui ne se donne pas immédiatement et facilement : les sensations, les sentiments, les émotions, non pas décrits de l’extérieur et de manière mécanique, mais de l’intérieur, par petites touches, donner à voir les choses dans leur simplicité et leur vérité. Par vérité, j’entends en décrivant le plus sincèrement possible la façon dont nous pensons les saisir.
La vérité n’existe pas : ce n’est qu’une référence vague par rapport à laquelle on se situe, une sorte de point de repère, mais si incertain, si lointain, qu’on ne peut guère envisager de s’appuyer sur lui. C’est d’ailleurs ce qui rend si fascinante la littérature : quelques fragments de vérité, éphémères puisqu’ils ne sont validés que par une expérience particulière, par le ressenti né d’un vécu personnel, parce que la coïncidence avec ces fragments peut être effective ou ne jamais se produire. Mais c’est pourtant à travers ces fragments qu’on frôle l’Absolu. Et c’est précisément parce qu’il ne se donne jamais entièrement que la littérature existe. Toutefois, ma réflexion pourrait aussi s’appliquer à toute forme d’art. Un tableau qui reproduirait de façon mimétique la réalité ne provoquerait qu’un enthousiasme dû à la prouesse technique réalisée, tout réside dans le subtil compromis né du regard de l’artiste et de la connivence qu’il crée avec son public. Mais comment maintenir ce compromis de manière équilibrée tout au long d’une œuvre. J’ai l’impression qu’on ne peut pas épurer une œuvre au point de la rendre tout entière absolue, il reste toujours des scories, dues aux automatismes langagiers, qu’on ne peut pas totalement évacuer. Mais je me demande dans quelle mesure ces résidus participent de l’unicité de l’œuvre d’art : ne peut-on pas aussi voir en eux sa spécificité subjective ?
D’habitude, je répugne à développer ce genre de réflexions, c’est l’un des grands problèmes de la pensée humaine (qui rejoint d’ailleurs ce que je disais au début sur la littérature), on a l’impression que tout a déjà été pensé. La plupart des réflexions que je développe ici sont nées de mes lectures, je me suis réapproprié le point de vue de certains auteurs, je ne suis donc qu’un énième porte-parole maladroit. J’ai l’impression de répéter et de travestir les propos de gens plus intelligents et plus érudits que moi ; et en même temps, je ne vois pas comment faire autrement. Dans la jungle foisonnante des connaissances humaines, il est difficile de faire son chemin. L’idéal serait de tout connaître pour pouvoir exprimer une pensée subjective, qui serait la synthèse réfléchie de notre héritage culturel. Mais tout savoir est parcellaire, et même les plus grands penseurs sont humains, donc susceptibles de se tromper.
Je n’ai jamais eu confiance en moi parce que je n’ai jamais été sûre de la fiabilité de mes pensées, de mes décisions. Je déteste prendre parti, il me semble que choisir revient toujours à réduire le champ des possibilités, donc nécessairement à s’éloigner de la vérité. On parle de « trancher » une question, ce verbe est en soi assez violent, cela revient à amputer la vérité de l’un de ses aspects. Chaque problème peut être envisagé sous deux angles radicalement contraires, validant chacun une thèse opposée.
Tout ça pour dire que je n’arrive pas à écrire parce que j’ai trop de doutes. Mais je sais pertinemment en même temps que si je n’en avais pas, je serais probablement encore plus dans l’erreur…
12 mai 2008
S.O.S.
(Non, ce n'est pas un appel au secours, juste une expérimentation littéraire, et en alexandrins s'il vous plaît^^)
Ca commence toujours sur un air de musique
Quelques notes, un accord, trois tours et puis s'en vont
Esquisse un pas de danse éteint, mélancolique,
Ne te retourne pas, le passé est prison.
Ca enfle dans ton coeur comme une ritournelle
Tu ne distingues plus l'appel des sémaphores
Mais ton esquif balance en équilibre frêle
Ta boussole a perdu depuis longtemps le Nord
Ca résonne et s'effeuille en sinueuses volutes
La brume est enivrante et l'ombre t'assagit
Tu n'es maître de rien dans l'improbable lutte
Opposant la raison à ton coeur qui s'enfuit
Touti, le 12.05.2008
10 mai 2008
On se fait du mal parce qu'on s'aime (et inversement)
Je peux pas m'empêcher d'être fascinée par la complexité des relations humaines. J'adore essayer de les décortiquer. Ca ne me mène bien souvent nulle part et je me retrouve finalement plus paumée qu'au départ. Je suis d'humeur changeante, je passe de la sérénité au désespoir le plus amer, et je ne contrôle rien parce que divers facteurs extérieurs agissent sur moi tandis que j'en ai plus ou moins conscience. J'ai beau tenter de me raisonner, dans ces moments-là, je ne suis pas rationnelle et je suis malgré moi emportée par les turpitudes de mon cerveau.
J'ai conscience des contradictions qu'il peut y avoir en moi, seulement je ne peux pas les expliquer. Je ne veux pas chercher à le faire d'ailleurs, mais ça me stresse de sentir que la voie est sans issue.
Là je bade et j'aurais envie de parler avec quelqu'un qui est à l'autre bout de la terre et qui n'a pas le temps... Je fais en sorte la plupart du temps de ne pas y penser. Déjà pour éviter de déprimer et parce que je sais très bien que mes réactions sont égoïstes. (en même temps, les amis sont les rares personnes avec qui on devrait pouvoir se permettre un peu d'égoïsme, non ? hum... à la réflexion, cette phrase est un peu le paroxysme de l'égoïsme) C'est juste que quand je vais mal, il peut rien ; et quand il va mal, je peux rien non plus. Et l'année qui passe creuse le fossé de l'absence...
Et puis c'est vrai que je suis égoïste. Je ne prends conscience du fait que les gens peuvent aller mal seulement quand moi, je ne vais pas super bien.
Et quelque part, je me marre parce que je suis incorrigible : je passe mon temps à dire que je me prends trop la tête et qu'il faudrait que j'arrête et je viens faire tout le contraire sur mon blog.
Mais y'a trop de gens qui me manquent...
09 mai 2008
Quand on se sent bien...
Y'a des moments comme ça, sans qu'on sache pourquoi, ça va. J'aime bien relire les articles de mon blog, ça m'aide à faire le bilan, mais j'ai bien conscience aussi que mes réflexions sont (trop) souvent placées sous le signe de la mélancolie. Donc certes je cultive ma nostalgie avec amour, mais c'est surtout parce que je tiens à tous ces beaux moments que je vis. Néanmoins je sais que je devrais adopter une philosophie plus "carpe diem", mais c'est pas toujours facile quand on est tordu dans sa tête.
Je mets quand même un point d'honneur à savourer la beauté de l'instant. Maintenant. Voilà toute l'utilité de ce court billet d'humeur^^.
21 avril 2008
Odyssée
Un carré de ciel bleu, une ligne d'horizon
Les rails ocre et argent reflètent le paysage
Des palais de verdure esquissés au brouillon,
S'enfuient avant qu'on ait pu rêver leurs branchages.
Des blocs de béton gris aux ponts de fer rouillés
Nouvelle végétation un peu moins bucolique
Un alliage étonnant de nature et d’acier
En gris sur fond de ciel dansent les fils électriques.
Mais si la route est longue, le voyage est poème,
Défilé de tableaux aux couleurs éclectiques
Les nuances de tons ne sont jamais les mêmes
Le vagabond s'adapte aux changements climatiques
Au détour d'un sentier, s'amuse avec les vers,
S'emmêle les pinceaux, ses pieds battent la musique
De l'aube au crépuscule, du printemps à l'hiver,
Il s'ébat dans la jungle des champs sémantiques.
Le temps passe et estompe la ligne d'horizon
La nuit qui tombe épie les ombres qui s’allongent.
Les rides se creusent sur les joues du vagabond
Qui plisse les yeux pour voir le soleil qui plonge
Fatigué il décline comme le jour frissonnant
Regrettant la jeunesse d’un cœur pétri d’orages
Alourdi de sagesse par la patine des ans
C’est un fardeau qui pèse au terme du voyage.
Touti, 19-20/04/2008
10 mars 2008
Autodafé
J'écoute les cris du vent qui dehors s'ecchymose
Dans la nuit tourmentée, mon corps meurtri repose
Mon coeur lui insuffle sa langueur extatique,
Un parfum capiteux un brin mélancolique.
C'est doux, froid, blême et tendre, ça me fait frissonner
Comme un triste novembre aux matins dégrisés.
Les cauchemars elliptiques ressurgissent et me hantent
Je chasse d'un geste vif l'ombre déliquescente
Qui m'enlace en linceul infâme et moelleux,
Vague écho des caresses tendres de l'amoureux.
La morsure fugitive est pourtant souveraine
De ce ballet macabre, ce soir je suis la reine.
Sur les masques des convives, un rictus figé,
Symbole de l'anathème qu'ils ont sur moi jeté,
Désaccorde le rythme effréné de mon coeur
J'ai perdu la bataille contre l'armée des heures.
Vaincue j'entre à mon tour,effarée, dans la ronde
Assaillie de toutes parts, mon âme moribonde
Frappée par un éclair tressaillit et s'embrase
Dans la chaleur des flammes se consument mes phrases.
Touti, le 10/03/2008















