Rayon de lune

Au fil de ma plume et de celles que je rêve

02 mars 2008

Sur les traces du fou..

(en commençant ce poème, j'avais en tête le titre du poème de Dar : "Fol marche sur les traces" ; le fou que j'évoque peut donc très bien renvoyer à son personnage. De toute façon, ce serait pas la première fois que je serais inspirée par les écrits de miss Dar^^)

Je marche sur les traces du fou sans faire de bruit,
Je n'ai d'autre visage que l'ombre de la nuit
Comme une âme égarée qui avance au hasard,
J'erre, un peu étourdie, à tâtons dans le noir.

En muse capricieuse, mon pantin s'est enfui
Je dois le rattraper ou trouver qui je suis.
J'ai oublié mon nom, c'est une bien triste histoire
Rappelez-vous seulement que j'ai le teint blafard.

Mais si mon nez est rouge, c'est que j'ai trop pleuré
Il n'est rien qui me fasse plus mal que le passé.
Je traîne derrière moi une ombre fatiguée
Un reste de moi-même en version cabossée.

Mon baluchon de rêves égaré en chemin
Manque à mon coeur. J'aimerais que tu me prêtes le tien
On causerait un instant de nos infortunes
On en rirait ensemble, éperdus sous la lune.

Mais tu n'es qu'un mirage, juste esquissé dans l'ombre
Un trait par-ci par-là, ton visage reste sombre.
Je soupire, m'impatiente et poursuis mon chemin
Peut-être te retrouverai-je un peu plus loin.

Je joue à saute-mouton de nuage en nuage
J'essaye de tuer le temps mais ça me décourage
Le passeur me regarde d'un air apitoyé
J'aurais bien envie de l'envoyer balader.

Il me dit de cesser sans arrêt de me plaindre,
Que les flammes les plus hautes finissent par s'éteindre
Je suis bien ennuyée par ses sages paroles
Et je lui cloue le bec par une cabriole.

La route est longue encore et je n'apprends pas vite
Longtemps les chercheurs d'or courent après des pépites
Je préfère avancer plutôt que renoncer
C'est plus facile à dire avec des rimes, je sais.

Touti, 1-2/03/2008

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01 mars 2008

Détours funambulesques

J'ai laissé s'éparpiller aux quatre vents
Les feuilles, les souvenirs et la magie d'antan
Les saisons passent et je frissonne. Déjà le matin ?
J'aurais voulu qu'on fasse ensemble... non, rien.

Je ne crois pas qu'écrire fasse la différence
Mais j'aime bien faire l'apologie du non-sens.
Des poèmes, des fragments de vie éclatés
Les mots prennent une couleur étrange une fois couchés sur le papier.

J'égrène une mélodie trop souvent répétée
J'ignore où cela mène, j'avance bon gré, mal gré.
Les mots se combinent de façon artificielle,
Je crois les maîtriser et ils se font la belle.

Je comprends que sur eux, je n'ai aucun pouvoir.
Sage de ce savoir, je me fais encore avoir.
Ils m'ont l'air aussi capricieux que le temps
A fuir dès que je les quitte des yeux un instant.

Pourtant je les chéris, je les manie dans l'ombre,
Je caresse l'espoir d'un avenir moins sombre.
Mais le fil est si fin, si fragile, si ténu.
J'avance au-dessus des décombres, les pieds nus.

Touti, le 1/03/2008

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09 février 2008

La vida es libro

J'erre avec délice dans la jungle littéraire, et plus précisément dans la veine autobiographique ces temps-ci. C'est ainsi que j'ai découvert de superbes textes de Michel Leiris (de très beaux passages de L'âge d'homme) et d'André Breton (notamment quelques paragraphes bouleversants dans Les vases communicants) et tout récemment, de Philippe Forest. Il faut dire que la conjoncture actuelle est assez favorable : c'est la première fois que j'ai un prof qui est à la fois essayiste et romancier et dont les écrits me touchent tant. Je me sens maladroite lorsqu'il s'agit de faire l'apologie de ceux que j'admire vraiment, car même si je me laisse aller à un vibrant éloge lyrique, tout ce que je pourrai dire restera bien en dessous de ce que j'ai pu ressentir en lisant certaines phrases qui m'ont tout particulièrement émue. C'est pourquoi je préfère en livrer un aperçu à travers quelques extraits :

"Un roman est une entaille faite dans le bois du temps.
A mon tour, je refais le geste le plus ancien. J'adresse à personne le salut vide de sens de ma seule main ouverte. Je pose ce chiffre vain sur l'écran noirci des jours. J'étais là... C'est tout... Chaque inscription est une épitaphe, disant le passage de celui qui la trace. les signes dressés se chevauchent, se recouvrent, s'effacent. Ils ne composent plus qu'un brouillon illisible de lettres et de chiffres. Mais toute marque, pourtant, conserve, en elle-même, le souvenir irrécusable de l'instant où elle fut laissée. J'écris au couteau dans l'écorce d'un arbre, l'épaisseur d'une pierre. Je dessine du doigt dans la poussière, le sable, la cendre. Des initiales, une forme, une date, un cour, une flèche, que sais-je ? Rien de plus."

"Le poète se sauve par la grâce de son art ? Non, il fixe sur sa toile de sens le sort, partagé, irrésolu. La note de certitude qui résonne dans tout grand texte ne garantit rien hors de la page. nerval franchit l'Achéron, deux fois vainqueur et il se pend. Sa fin n'invalide ou n'authentifie rien, concernant la vérité de son odyssée souterraine.
Devant la mort, la poésie habite le même espace impossible que la pensée. L'écrivain n'est pas sauf davantage que n'importe quel autre affligé. Ce qu'il vit, il le transfère dans un monde de mots médités. L'opération trnsforme les conditions du drame mais n'en modifie en rien l'issue. Je suis toi, dit le texte, dans son apparat de signes, souffrant autant que toi, cherchant comme toi, traçant ma voie de rien au sein de l'impossible."

L'enfant éternel, Gallimard.


"Que dit la poésie ? Elle dit le perpétuel désastre du temps, l'anéantissement de la vie auquel seul survit le désir infini. A la grande loi du rien régnant sur le monde, la fausse sagesse des hommes invite à se soumettre. En échange de la résignation, elle promet la paix et l'oubli."

Sarinagara, Gallimard.


"La théorie vécue des milliers d'instants qui font la durée ordinaire d'une existence humaine se réduit à cela : la pauvre monnaie de quelques mots pour dire la splendeur de quelques mirages. On peut bien entendu appeler à soi les images du bonheur, s'employer à conjurer celles du malheur. Dans le travail de cette sorcellerie intime s'épuise, pour l'essentiel, l'énergie mentale du désir. mais quel que soit l'effort qu'on déploie, c'est toujours dans la plus totale et extatique passivité qu'on reçoit, au bout du compte, les images de sa vie."

Le roman, le réel et autres essais, éditions Cécile Defaux.

Il faut lire Philippe Forest pour saisir la beauté du regard désespéré qu'il porte sur le monde, pour comprendre comment la parole se fraie un chemin à travers l'expérience de la douleur et se mue en cette perpétuelle tentative de dire l'impossible tout en sachant bien qu'au-delà des mots, il n'y a aucune consolation et seulement le vertige incompréhensible d'être vivant.

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08 février 2008

Petite réflexion sur la vie

Commençons par le commencement, la matrice qui engendre, et qui fait que je suis aujourd'hui telle que je suis. Il s'agit de Nadja bien sûr, lorsque l'écriture échappe et que le néant s'engouffre par la brèche ainsi entrouverte, lorsque le monde bascule au rythme de quelques phrases et que me saisit le vertige, comme une secousse sismique quasi imperceptible mais qui se propage en écho et de plus en plus s'affirme. "Il se peut que la vie demande à être déchiffrée comme un cryptogramme", hypothèse ô combien tentante, surtout que le temps aidant, on parvient toujours à reconstruire sa vie en en agençant les faits de manière à leur donner un sens. Mais qui dit déchiffrement dit interprétation et bien souvent erreurs. Néanmoins, il me plaît à moi de passer à travers des forêts de symboles, et j'ai beau reconnaître que cela ne m'avance pas à grand chose, cela m'apaise et c'est déjà beaucoup. Le pouvoir de consolation qu'exercent certains textes me semble tout à fait irréel, et poutant il existe : le chemin de l'errance est balisé de signes qui éclairent la route de lueurs éphémères mais rassurantes. Et cela fait plaisir de voir que ce qu'on ressent n'est parfois pas totalement dénué de fondement puisque d'autres partagent les mêmes sentiments. Je suis tombée sur une interview d'un de mes profs, M. Forest, sur le site de la fac de Nantes et ce que j'y ai lu m'a fait sourire, puisque j'aurais pu tout aussi bien l'écrire (mais en moins bien, cela va sans dire^^) :

On se demande en effet souvent ce que peuvent chercher - et plus encore trouver- les chercheurs dans le domaine littéraire.
Pourtant, si la vie est bien toujours un roman, parfois tout un poème et tantôt une tragédie, tantôt une comédie -comme le voulait Shakespeare-, étudier le roman, la poésie, le théâtre revient à se donner une chance de mieux comprendre la vie - et même sa propre vie.

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04 février 2008

Thinking about Nadja...

Lorsque je me pose devant cet ordinateur, le temps s'étire démesurément et je ne fais pas grand chose. Du coup, je le fuis et m'occupe à cultiver mon cerf volant par diverses (re)lectures édifiantes. C'est ainsi que fidèle à moi-même, j'en reviens toujours à mes premières amours, réussissant (une fois n'est pas coutume) à concilier travail obligatoire et lectures passionnantes. Pour la énième fois, je ressors de Nadja, subjuguée par la prose si sûre d'elle-même d'André Breton, par tous ces réseaux de sens qui dans mon âme font sens. Nadja, " parce qu'en russe c'est le commencement du mot espérance, et parce que ce n'en est que le commencement ", Nadja qui depuis qu'elle a croisé ma route, en a modifié irrémédiablement l'itinéraire. Jamais un livre ne m'a paru aussi riche en significations contradictoires et convergentes, atteignant un niveau de complexité dont seule la vie vécue peut vraiment rendre compte. Quand je le lis, je glisse d'un personnage à l'autre, je suis l'un et l'autre à la fois, j'admire Nadja et j'abhorre Breton, j'admire Breton et j'ai tant de peine pour Nadja... Tous ces méandres d'émotions dans lesquelles on déambule, ces personnages auxquels on s'attache, funambules malhabiles avançant à tâtons sur le fil de la vie, condamnés à vivre, à aimer, à souffrir, à mourir, mais sous la plume de Breton, à jamais voués à exister en tant qu'êtres de papier. A chaque nouvelle lecture, « le monde de Nadja où tout prenait si vite l'apparence de la montée et de la chute » me bouleverse et me fascine, ce choc de la rencontre entre la littérature et la vie s'impose à moi avec autant de fulgurance que de clarté, c'est comme si tout trouvait un sens et en même temps se dérobait à toute possibilité de sens. De même, cette confiance éperdue de Breton en l'avenir, cette assurance inébranlable de la voix finale baignée par l'éblouissante lumière de l'amour nous enveloppe et nous transporte, balaye ce qui a été dit avant tout en consacrant son caractère essentiel.

J'aime Nadja parce qu'à chaque fois que je pense en saisir une infime partie, je sais qu'elle m'échappe encore.

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20 janvier 2008

Into the wild

emilewild

Certains films sont comme des vagues, ils vous emportent doucement d'abord puis finalement un peu plus haut que vous ne vous y attendiez, c'est comme un délicieux vertige, même si c'est un peu effrayant de ne plus avoir pied. Voilà l'effet que fait "Into the wild" : on se plonge dedans avec béatitude et on se laisse bercer, parce que c'est beau, superbement filmé, merveilleusement bien joué, d'une simplicité et d'une profondeur désarmantes et que ça prend aux tripes sans qu'on s'y attende. Emile Hirsch est lumineux et fascinant, porté par le destin qu'il s'est choisi, sa quête est presque mystique, il avance sans laisser paraître le moindre doute, il apporte un peu de sagesse à chacun de ceux qui croisent sa route avant de reprendre la sienne, inaccessible, juste là, un peu au-dessus du commun des mortels. On en ressort un peu tremblant, un peu hébété, bouleversé, perdu, comme si quelque chose s'était cassé, juste une infime fêlure, mais quand même un peu douloureuse, tandis que la vie reprend son cours...

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23 décembre 2007

Baby when the light

Petite expérimentation dans un autre style : Baby when the light

Les lumières défilent à toute allure, ce n'est qu'une succession de points aux couleurs vives, un arc-en-ciel de taches qui dansent devant mes yeux et toujours plus vite je tourne. Ou bien c'est le monde qui tourne. Et ma tête avec. Etourdie je vacille, impossible de marcher sans trébucher. C'est comme un bateau qui ne cesserait de tanguer. Stop ? Non pas encore.

C'est reparti. Le rythme s'accélère, le son est un peu plus fort, la musique résonne dans ma tête. C'est entraînant, entêtant, inquiétant. Les taches tournent toujours, en rythme avec la musique et moi avec. Mais pas dans le même sens. Transe. Qu'est-ce que je fais? Tourne. Trop mal à la tête. Pas grave. Marrant même si c'est bizarre. Perceptions exacerbées. Tournis. Vertige. Encore. Et toujours les taches qui tournent, la musique qui m'envole, le coeur qui se décroche. Parti mais pas loin. Reviens...

Trop forte la musique. Faire une pause comment ? Je sais pas je trouve pas je sais pas. Mon coeur s'emballe, impossible de le raisonner vu qu'il s'est décroché. Impression que mes tempes vont lui emboîter le pas que je suis à côté de mes pompes que ça ne va jamais s'arrêter. Vertige enivrant, tournis renversant, rythme entêtant. J'arrive plus à suivre continue quand même. Ridicule. Rigole bêtement. Mal au crâne, mal au coeur. Rire encore. Plus rien. Trou noir. Demain mal à la tête. Maintenant juste s'amuser, encore tourner, encore tourner encore. Longtemps... Avant de tomber.   

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16 décembre 2007

Locusts

Locusts

Dehors la pluie bat contre les vitres, comme si elle effaçait le monde. Peut-être est-ce pour le rendre un peu plus beau. Peut-être est-ce pour le faire disparaître pour de bon. Cela n'a pas grande importance, après tout. Rien n'a vraiment d'importance...

L'essentiel, c'est de ne garder aucune trace du passé. Le moindre souvenir porte en lui un affect trop douloureux. Est-ce que l'oubli est la seule solution ? Retrouver la pureté du bonheur originel : la page blanche que l'on n'éprouve pas encore le besoin de noircir. La page blanche et cotonneuse, comme le nid où se pelotonnent les oisillons, comme le nuage sur lequel j'aime naviguer. Quand le vent est favorable, il m'entraîne à une vitesse de croisière, plus rien ne m'effraie, je vole. C'est vrai je vole : je me sens portée, je suis merveilleusement bien, à la fois légère et libre. Ivre de vivre, et c'est encore mieux que dans mes rêves.

Je suis triste de ne plus savoir voler. A trop regarder le soleil, on est vite ébloui et lorsqu'on est devenu aveugle, on n'arrive plus à apprécier la beauté de la lumière. Il me semble que le monde a sombré dans le gris, je ne distingue plus le ciel, le ciel noyé de pluie. Il est tombé sous mes pieds, je le foule sans même m'en apercevoir, il me contemple dans une flaque d'eau boueuse. Je détourne les yeux, triste et honteuse. Ce n'est pas dans ce ciel que j'ai volé. Non non, je me souviens très bien : il était clair, finement azuré, frais comme la brise par une douce matinée d'été. De toute façon, pourquoi continuer à y penser ? Puisque je ne peux plus voler, puisqu'il me suffit de marcher. Si si, c'est vrai, ils me l'ont dit, ils le répètent dans chaque souffle de vent, dans chaque goutte de pluie, que voler, voyons, voler c'est insensé, qu'il faut désormais se confronter à la réalité. Je demande un peu effrayée : "Et les rêves... ? mes rêves ?" Mais je vois bien que c'est un gros mot, qu'il ne faut pas le dire tout haut. Il en va des fragments de rêve comme des fragments de bonheur, si brillants et fragiles à la fois, de jolis reflets évanescents, mais si frêles et vulnérables. Ne pas perdre un instant, les chérir tant qu'ils brillent et continuer longtemps, même lorsqu'ils ont disparu, même lorsque la brûlure du souvenir s'est tue, noyée sous la pluie battante qui efface le monde. Il semblerait... peut-être... je lance quelques mots au hasard de ma plume, il est fort possible que je me trompe. Peut-être... je dis bien peut-être... qu'oublier n'est  pas la meilleure solution.

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15 décembre 2007

All the way down

All the way down

Je ne veux plus souffrir la morsure du souvenir : tout est vain, tout s'enfuit, tout est voué à mourir. Avant même qu'on ait pu le saisir, le bonheur nous file entre les doigts. Je l'aperçois là-bas, il m'a jeté un coup d'oeil narquois avant de disparaître. Je reste ici, pantelante, tremblante, absente. J'ignore après quoi je cours : est-ce toi ? est-ce moi ? Peut-être que je fuis, tout simplement, un présent vide, un passé qui fait mal, un futur incertain... Le moindre mouvement est un effort qui m'épuise, j'avance à tâtons dans une nuit trop sombre à la recherche de mon pauvre coeur. Triste, il verse des larmes de sang que la nuit dévore. J'ai beau l'appeler, il ne m'entend pas. Je n'arrive plus à le raisonner, c'est comme s'il m'était devenu étranger. Je ne suis plus dupe de ce grossier décor qui m'entoure. Jouer la comédie ne m'amuse plus, laissez-moi seulement dormir. De toute façon, lorsque je me réveille, c'est pour geindre sans cesse. Je ne sais que me lamenter et j'ai conscience de la vanité de mon attitude. Mes mots me semblent si vides, mais ils ne sont que le reflet de moi-même. Comme tout cela est dérisoire...

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Il est tard...

Il est tard et mon coeur pleure des larmes d'encre
Qui se noient dans la nuit où s'épanche ma peine.
C'est un sillon profond que ma douleur échancre
Je n'ai même plus de coeur, tout en moi n'est que peine.

Il est tard et je bois au calice la lie
Des passions qui me font depuis longtemps souffrir.
J'erre et tout me fait mal, même l'absence de bruit
Je suis comme un fantôme las de ne pas mourir.

-Il est tard petite soeur, il est temps, va dormir.
-Non, je n'ai plus de coeur, tout en moi se morfond
-A quoi bon s'évanouir en un flot de soupirs?
-Je ne sais que gémir quand a fui ma raison.

Touti, le 15/12/2007

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