13 octobre 2007
"Il ne faut pas pleurer parce que cela n'est plus, il faut sourire parce que cela a été" (Marguerite Yourcenar)
Un peu de sagesse dans ce monde de brutes, voilà qui ne peut pas faire de mal. A l'heure où le sourire s'est noyé dans les larmes, nul autre choix que celui d'aller de l'avant. Du moins si l'on a décidé de cultiver son petit lopin de bonheur. La vie est courte et je dois l'avouer, il semblerait que les stoïciens avaient raison. Partant de là, à quoi bon rester seule dans mon lit à me morfondre et à pleurer sur des jours si heureux que j'ai l'impression de les avoir rêvés ? La vie est ainsi faite : on se lève un matin ; le ciel semblait bleu, les oiseaux chantaient, l'avenir était souriant... tout ça n'était qu'un leurre.
Repartons de zéro, la pellicule est vierge, le film recommence : "C'est un trou de verdure où chante une rivière...". Joli topos : je vois déjà quelques enfants insouciants évoluant dans un cadre bucolique comme sur ces vieux livres de contes que nous lisaient nos parents quand on était encore petits. C'est toujours étrange de feuilleter de nouveau ces ouvrages a posteriori : l'impression d'une amère imposture, d'avoir été trop longtemps la dupe d'un imaginaire idyllique, ce qui paradoxalement n'empêche pas la magie d'opérer : ces traits si arrondis, ces couleurs si parfaites, c'est trop beau pour être vrai et c'est bien ainsi^^. Citons Hugo Pratt : "Pessoa disait que nous avons 2 vies, celle que nous prenons pour la réalité et celle de nos rêves, qui est la vie où nous voulons vivre, et qui est peut-être la plus authentique". Et il est vrai que bien souvent la vie de nos rêves est ô combien plus riante que la grise réalité. Nous sommes toutefois irrémédiablement déchirés entre ces rêves qui nous habitent et nous façonnent et la nécessaire conciliation avec la réalité.
J'en reviens toujours à cette obsession qui me hante : comment bien vivre ? comment mener la barque de l'existence avec savoir-faire ? Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas ; si la vie n'est pas souple, c'est donc à moi de m'assouplir afin de m'adapter au mieux à la vie. A défaut de récolter du bonheur, j'en tirerai un moindre malheur.
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Tournons-nous une dernière fois vers le passé, le regard empreint de tristesse, la bouche sèche de l'attente d'un baiser qui n'atteindra jamais nos lèvres. Il faut vivre, et donc avancer, d'un pas lent mais assuré, sur les chemins sinueux de l'existence, avec sur l'épaule un baluchon plein d'étoiles dont la clarté brûle encore nos coeurs. J'essaye de marcher droit devant moi, même si je tremble, même si j'ai froid. Loin derrière, laisser la tristesse et les larmes. Seulement garder au fond de soi un petit fragment du bonheur passé comme la promesse de celui qui est à venir.
23 septembre 2007
"Les gens croient poursuivre les étoiles et ils finissent comme des poissons rouges dans un bocal"
J'emprunte ce titre à « L’élégance du hérisson » de Muriel Barbery, un livre que j'ai eu le bonheur de découvrir cet été et qui constitue une mine de pistes à explorer pour toute personne qui, comme moi, aime un tant soi peu se prendre la tête sur des questions existentielles.La phrase que je cite s’inscrit dans une réflexion sur l’absurdité de la vie, qui nous frappe de plein fouet à l’âge adulte après qu'on nous ait laissé baigner durant de nombreuses années dans le cocon rassurant de l'enfance, tandis qu'on attendait avec espoir de grandir pour trouver des réponses aux questions qui nous tourmentaient (je me permets de paraphraser grossièrement Muriel Barbery, parce que son propos rejoint une réflexion que je m'étais faite il y a quelques temps). Et donc, si j'y reviens, c'est que ça me turlupine. Eh oui, y'a des jours comme ça où tout semble gris, où on n'a pas le moral, rien à faire,et où il faut accepter de traîner sa vieille carcasse toute la sainte journée en attendant demain. Aujourd'hui en fait partie pour moi, alors je viens polluer mon blogounet chéri de mes présomptueuses "méditations toutiennes", juste pour poser à plat mes interrogations, des fois que ça me ferait du bien.
Posons d'ores et déjà quelques évidences : la vie n'est pas quelque chose de stable sur quoi on peut s'appuyer, ceci n'est qu'une apparence trompeuse qui nous endort dans un quotidien morne, et dans l'attente, bien souvent, de lendemains meilleurs. Or, la mort veille, dans l'ombre, et on a tort de l'oublier. Enfin, je comprends bien qu'on n'y pense pas tout le temps, mais c'est quelque chose qui m'a toujours frappée : comment fait-on pour vivre, avec insouciance, tout en étant conscients de notre finitude ? Ce doit être une ressource de l'esprit humain (sagesse ou naïveté ?) que de pouvoir occulter la pensée de notre mort (plus ou moins prochaine). Même quand un proche meurt, on se sent écrasé, on souffre, l'absence et le manque dominent pendant quelques temps, mais on reste tout de même étranger à cette mort qui n'est pas la nôtre. La mort des gens qui me sont proches me terrifie plus que la mienne, je me demande comment on peut faire face à la mort d'un conjoint, comment on peut continuer à vivre quand disparaît celui qui a partagé votre vie durant des années ? Et je ne trouve pas de réponse. Pourtant, je me dis que la seule solution est la résignation ; pour trouver la force de continuer, il faut savoir garder la beauté des souvenirs, et ne pas refuser la possibilité d'un éventuel bonheur à venir. C'est très facile pour moi de dire ça, car je ne suis pas dans ce genre de situation. Mais dans la mesure où la mort fait partie intégrante de la vie, c'est une des règles du jeu et on n'a pas d'autre choix que de l'accepter. Je joue les stoïciennes, pourtant je n'avais encore jamais ressenti à ce point ce sentiment d'écrasement et d'impuissance, cette impression que la vie est une tragédie, ou du moins que c'est l'allure qu'elle peut prendre pour certaines personnes dans mon entourage... et que puis-je faire face à cela ? Rien. Parce que personne n'y peut rien. On peut être là, on peut écouter, épauler, aider, mais c'est tout. Celui qui a perdu l'être aimé rentre tout seul chez lui le soir et c'est seul qu'il doit faire face à ses fantômes.
Si la vie se résume à un acheminement vers la mort, quelle est la meilleure façon de la vivre ?
Je n'en ai aucune idée. Je passe une grande partie de mon temps à me morfondre ou à m'interroger, à perdre du temps, à ne rien faire de constructif, j'ai beau me dire qu'il faut que je me secoue, être pleinement consciente que le fait d'être une loque n'est pas à mon avantage, je n'en suis pas pour autant plus constructive. J'en suis la première affligée. Alors je me dis qu'il faut prendre ma vie en main, et une ribambelle d'obstacles surgit de manière impromptue, qui ont tôt fait de me décourager. Il serait grand temps que je trouve une source de motivation et que je songe à tout mettre en oeuvre pour me trouver un avenir qui me plaît. La rentrée arrive et je n'ai jamais été aussi peu sûre que continuer en MASTER soit une bonne idée. Il serait peut-être temps de me heurter à la vie concrète. (j'écris ça, je suis consciente que c'est vrai, mais j'ai encore une flemme monstrueuse). Non seulement je ne suis pas fichue de me bouger, mais ce n'est pas pour ça que j'en suis plus heureuse, j'ai l'impression que je ne profite de rien (enfin disons, de pas grand chose). Pourtant, je sais que la vie peut apporter des choses merveilleuses, j'aimerais vivre intensément chaque minute, chaque seconde, et au lieu de ça, je fais tout le contraire. Je suis désespérante. Et je suis fatiguée...
Et puis je me relis, et je me trouve bien pitoyable, j'ai bien moins de raisons que d'autres d'être malheureuse et je ne sais faire qu'une chose : me plaindre. J'imagine que quand j'en aurai vraiment trop marre, je trouverai la force de me bouger...
26 août 2007
Prose réflexive du soir
Après avoir fait un petit tour sur le blog de Darounette, où j'en ai pris plein les mirettes et le cerveau, je m'en reviens sur mon petit bonhomme de chemin, "émulée" (pas la peine de pousser les hauts cris, ce néologisme est volontaire^^) par ce que j'ai lu et m'apprêtant à rebondir dessus. Darounette, j'allais dire que tu es ma muse, mais le terme "trampoline" serait peut-être plus exact. Il faut dire que la réflexion que tu as entamée sur l'ennui est un sujet bien vaste et qui me heurte d'autant plus de plein fouet que j'ai placé mes vacances sous le signe d'une glandouille honteuse et quasi malsaine, qui m'inculture et me rend morose à mes heures perdues. Dès lors, la vanité de l'être dont je fais l'expérience chaque jour que Dieu fait (si tant est que Dieu soit et fasse quoi que ce soit) trouve un écho dans ce questionnement existentiel et assez typiquement darounettien qui place l'ennui au coeur de nos vies et donc de nos interrogations. Il s'agit donc (du moins en ce qui me concerne) de m'interroger sur cette pernicieuse et pathologique flemme qui s'est emparée de moi depuis quelques semaines et qui rend chacun de mes gestes semblable à un effort considérable, tandis que je rejette toute tâche de type ménager avec la plus grande lassitude possible et imaginable, remettant toujours à demain ce que je m'étais fixé de faire maintenant.
Alors je me demande pourquoi tout ce temps que j'ai devant moi, je ne suis pas fichue de l'employer à faire des tas de choses qui me plaisent, sachant pertinemment que durant l'année, lorsque je serai surchargée de travail (parce qu'évidemment, je me serai mal organisée et tout me retombera dessus en même temps), je regretterai tout ce temps perdu, tous ces livres que je n'aurai pas lu, tous ces films que je n'aurai pas vu. Quand tous les bons moments se seront éparpillés au vent, je n'aurai plus que ma nostalgie du passé sur laquelle pleurer. D'autant plus que le spleen se fait capricieux ces temps-ci, d'autant plus vicieux qu'il est incisif et fugitif, il joue à cache-cache avec moi et même si je joue le jeu l'air de rien, je sais que ce sera lui le plus malin. Bref, il est bon de s'arrêter quelques instants à ces réflexions en apparence vides de sens et qui ne me mèneront très certainement à rien, mais ça fait du bien, le tout accompagné en fond d'une petite mélodie spleenétique à souhait ("Together we will live forever" by Clint MANSELL). Et ce qui est le plus extraordinaire, c'est que j'ai allégrement digressé de mon sujet de départ en terminant sur un bon vieil apitoiement nombriliste^^. Chassez le naturel...













