Rayon de lune

Au fil de ma plume et de celles que je rêve

12 mai 2008

S.O.S.

(Non, ce n'est pas un appel au secours, juste une expérimentation littéraire, et en alexandrins s'il vous plaît^^)

Ca commence toujours sur un air de musique
Quelques notes, un accord, trois tours et puis s'en vont
Esquisse un pas de danse éteint, mélancolique,
Ne te retourne pas, le passé est prison.

Ca enfle dans ton coeur comme une ritournelle
Tu ne distingues plus l'appel des sémaphores
Mais ton esquif balance en équilibre frêle
Ta boussole a perdu depuis longtemps le Nord

Ca résonne et s'effeuille en sinueuses volutes
La brume est enivrante et l'ombre t'assagit
Tu n'es maître de rien dans l'improbable lutte
Opposant la raison à ton coeur qui s'enfuit

Touti, le 12.05.2008

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21 avril 2008

Odyssée

Un carré de ciel bleu, une ligne d'horizon
Les rails ocre et argent reflètent le paysage
Des palais de verdure esquissés au brouillon,
S'enfuient avant qu'on ait pu rêver leurs branchages.
Des blocs de béton gris aux ponts de fer rouillés
Nouvelle végétation un peu moins bucolique
Un alliage étonnant de nature et d’acier
En gris sur fond de ciel dansent les fils électriques.

Mais si la route est longue, le voyage est poème,
Défilé de tableaux aux couleurs éclectiques
Les nuances de tons ne sont jamais les mêmes
Le vagabond s'adapte aux changements climatiques
Au détour d'un sentier, s'amuse avec les vers,
S'emmêle les pinceaux, ses pieds battent la musique
De l'aube au crépuscule, du printemps à l'hiver,
Il s'ébat dans la jungle des champs sémantiques.

Le temps passe et estompe la ligne d'horizon
La nuit qui tombe épie les ombres qui s’allongent.
Les rides se creusent sur les joues du vagabond
Qui plisse les yeux pour voir le soleil qui plonge
Fatigué il décline comme le jour frissonnant
Regrettant la jeunesse d’un cœur pétri d’orages
Alourdi de sagesse par la patine des ans
C’est un fardeau qui pèse au terme du voyage.

Touti, 19-20/04/2008

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10 mars 2008

Autodafé

J'écoute les cris du vent qui dehors s'ecchymose
Dans la nuit tourmentée, mon corps meurtri repose
Mon coeur lui insuffle sa langueur extatique,
Un parfum capiteux un brin mélancolique.
C'est doux, froid, blême et tendre, ça me fait frissonner
Comme un triste novembre aux matins dégrisés.

Les cauchemars elliptiques ressurgissent et me hantent
Je chasse d'un geste vif l'ombre déliquescente
Qui m'enlace en linceul infâme et moelleux,
Vague écho des caresses tendres de l'amoureux.
La morsure fugitive est pourtant souveraine
De ce ballet macabre, ce soir je suis la reine.

Sur les masques des convives, un rictus figé,
Symbole de l'anathème qu'ils ont sur moi jeté,
Désaccorde le rythme effréné de mon coeur
J'ai perdu la bataille contre l'armée des heures.
Vaincue j'entre à mon tour,effarée, dans la ronde
Assaillie de toutes parts, mon âme moribonde
Frappée par un éclair tressaillit et s'embrase
Dans la chaleur des flammes se consument mes phrases.

Touti, le 10/03/2008

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02 mars 2008

Sur les traces du fou..

(en commençant ce poème, j'avais en tête le titre du poème de Dar : "Fol marche sur les traces" ; le fou que j'évoque peut donc très bien renvoyer à son personnage. De toute façon, ce serait pas la première fois que je serais inspirée par les écrits de miss Dar^^)

Je marche sur les traces du fou sans faire de bruit,
Je n'ai d'autre visage que l'ombre de la nuit
Comme une âme égarée qui avance au hasard,
J'erre, un peu étourdie, à tâtons dans le noir.

En muse capricieuse, mon pantin s'est enfui
Je dois le rattraper ou trouver qui je suis.
J'ai oublié mon nom, c'est une bien triste histoire
Rappelez-vous seulement que j'ai le teint blafard.

Mais si mon nez est rouge, c'est que j'ai trop pleuré
Il n'est rien qui me fasse plus mal que le passé.
Je traîne derrière moi une ombre fatiguée
Un reste de moi-même en version cabossée.

Mon baluchon de rêves égaré en chemin
Manque à mon coeur. J'aimerais que tu me prêtes le tien
On causerait un instant de nos infortunes
On en rirait ensemble, éperdus sous la lune.

Mais tu n'es qu'un mirage, juste esquissé dans l'ombre
Un trait par-ci par-là, ton visage reste sombre.
Je soupire, m'impatiente et poursuis mon chemin
Peut-être te retrouverai-je un peu plus loin.

Je joue à saute-mouton de nuage en nuage
J'essaye de tuer le temps mais ça me décourage
Le passeur me regarde d'un air apitoyé
J'aurais bien envie de l'envoyer balader.

Il me dit de cesser sans arrêt de me plaindre,
Que les flammes les plus hautes finissent par s'éteindre
Je suis bien ennuyée par ses sages paroles
Et je lui cloue le bec par une cabriole.

La route est longue encore et je n'apprends pas vite
Longtemps les chercheurs d'or courent après des pépites
Je préfère avancer plutôt que renoncer
C'est plus facile à dire avec des rimes, je sais.

Touti, 1-2/03/2008

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01 mars 2008

Détours funambulesques

J'ai laissé s'éparpiller aux quatre vents
Les feuilles, les souvenirs et la magie d'antan
Les saisons passent et je frissonne. Déjà le matin ?
J'aurais voulu qu'on fasse ensemble... non, rien.

Je ne crois pas qu'écrire fasse la différence
Mais j'aime bien faire l'apologie du non-sens.
Des poèmes, des fragments de vie éclatés
Les mots prennent une couleur étrange une fois couchés sur le papier.

J'égrène une mélodie trop souvent répétée
J'ignore où cela mène, j'avance bon gré, mal gré.
Les mots se combinent de façon artificielle,
Je crois les maîtriser et ils se font la belle.

Je comprends que sur eux, je n'ai aucun pouvoir.
Sage de ce savoir, je me fais encore avoir.
Ils m'ont l'air aussi capricieux que le temps
A fuir dès que je les quitte des yeux un instant.

Pourtant je les chéris, je les manie dans l'ombre,
Je caresse l'espoir d'un avenir moins sombre.
Mais le fil est si fin, si fragile, si ténu.
J'avance au-dessus des décombres, les pieds nus.

Touti, le 1/03/2008

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15 décembre 2007

Il est tard...

Il est tard et mon coeur pleure des larmes d'encre
Qui se noient dans la nuit où s'épanche ma peine.
C'est un sillon profond que ma douleur échancre
Je n'ai même plus de coeur, tout en moi n'est que peine.

Il est tard et je bois au calice la lie
Des passions qui me font depuis longtemps souffrir.
J'erre et tout me fait mal, même l'absence de bruit
Je suis comme un fantôme las de ne pas mourir.

-Il est tard petite soeur, il est temps, va dormir.
-Non, je n'ai plus de coeur, tout en moi se morfond
-A quoi bon s'évanouir en un flot de soupirs?
-Je ne sais que gémir quand a fui ma raison.

Touti, le 15/12/2007

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08 décembre 2007

La nuit est belle

La nuit est belle, mon coeur
Ni toi ni moi n'existons plus
Le temps atténue la douleur
Et le passé en moi s'est tu.

La lune est reine, mon ange
Dans son palais de nuages
Elle ne veille plus sur Pierrot, étrange ;
Mais elle connaît son coeur volage.

L'air est glacé, mon amour,
Mon corps tout entier n'est que froid
Je ne sens même plus les contours
De ton visage sous mes doigts

La neige nous a recouverts
De son blanc linceul éphémère
Ne trouves-tu pas, mon coeur
Que la nuit est belle ?

Touti, le 8/12/2007

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03 décembre 2007

Nuit de pluie

Nuit de pluie ruisselante de mélancolie,
Une larme étincelle sur la joue de Pierrot,
Laissant une traînée scintillante que suit
Un rayon de lune sur la pâleur de sa peau.

Nuit de bruine incessante, une mélodie d'or fin
Sous la voûte d'ébène fait briller mille étoiles
Et cisèle la nuit de plics plocs cristallins
A l'heure où mon navire enfin hisse les voiles.

Nuit sinistre et trompeuse, pour mon coeur enjôleuse
Au matin, je m'éveille et tout a disparu,
J'ai tout rêvé : Pierrot, cette pluie merveilleuse...
Je n'entends plus mon coeur qui soudainement s'est tu.

Touti, le 3/12/2007

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02 décembre 2007

Petite impro bourrée de clichés

Je marchais en équilibre quand
J'ai perdu soudain le fil du temps.
Les mots se sont dérobés,
L'espoir est parti en fumée :
Des volutes au parfum d'hier
Qui restent à l'état de poussière
Poursuivent leur course sans fin

Aujourd'hui ressemble à demain
Et à tous les autres jours
Puisque plus rien ne rime avec
Un mot qui me laisse le coeur lourd.

Touti, le 2/12/2007

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Saison des pluies

Le soleil brille dehors mais il n'entre jamais
Dans ma tour de verre aux tentures écarlates,
Le dédale de ce palais des glaces m'effraie
Sous mes allures d'humain, je suis un automate.

J'erre dans les méandres de ma prison de cristal
J'égrène les mots en sachant que tu n'entends pas
Les notes mélancoliques tombant de l'astre pâle
Qui à peine jouées, sombres et amères, se noient.

En ma triste demeure balayée par les vents
Où le soleil aveugle les rayons de pluie,
Des averses de larmes baignent mes tourments,
Et la mer qui berçait mon coeur l'a englouti.

Touti, le 2/12/2007

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