28 juillet 2008
Flânerie nocturne
Veillé par les étoiles dans sa ballade nocturne
Les yeux rêvant à la lune, Pierrot déambule
Ses bleus à l'âme le rendent d'humeur taciturne
Sur le fil, il est le plus nul des funambules.
Il a longtemps flâné dans un riant jardin
Où son coeur abîmé trouvait un doux repos
S'enivrant du souffle des fleurs, l'exquis parfum
Qui lui tournait la tête faisait danser les mots.
Et dans la ronde obscure, il a voulu entrer
Mais pour un baladin, ce n'est pas chose facile
D' écouter avec attention le chant des fées
Quand on aime les roses pour leur abord futile.
Pierrot, pantin lourdaud, s'emmêle les pinceaux
Il approche sur la pointe des pieds, danse gracile
Les fleurs immobiles se moquent mais ne pipent mot
L'art de plaire se révèle un dessein difficile.
Mais Pierrot n'a que faire des ragots imbéciles
Il insiste et sa balourdise le rend charmant
Les roses se gonflent d'un orgueil bien puéril
Tandis qu'il fait le beau, confus, le coeur battant.
C'est alors que l'oiseau-lyre descend des nuées
Et se pose un instant sur l'épaule de Pierrot
Une plume se détache et tournoie sans tomber
Le clown blanc la saisit et lorsqu'elle touche sa peau
Son regard vers le ciel de nouveau se dirige
Il contemple la lune, il repense à ses mers
Il trace dans sa paume un mot que le temps fige
Et pour l'amour des roses, il verse une larme amère.
Touti, le 28.07.2008
11 juillet 2008
Elégie à Séléné
Le scénario ce soir semble se répéter
On a eu beau lui dire qu’il ne faut pas courir
Qu’à ne pas regarder, on se fait vite souffrir
La tête dans les étoiles, la nuit est tombée.
Elle a vite revêtu son manteau d’ecchymoses
Elle ne se plaint jamais et impose le silence
En son sein, le repos ne tolère plus l’absence
Elle sait se faire l’amie des vers et de la prose.
Il n’est qu’un poète capable de l’apprivoiser,
Il a su l’emprisonner dans son regard,
Qui se confond souvent dans l’immensité noire
Avec le visage qu’elle prend soin de cacher.
Longtemps, Pierrot veille dans son grand habit blanc
Gardien, ami fidèle, il ne dit rien, il pleure
Et de ces quelques larmes éperdues de douleur
La nuit apaise la soif qui embrase ses tourments.
Certains racontent qu’il est amoureux de la lune
D’autres aiment à se moquer de son air distrait
Quant à moi, je ne suis que l’ombre qui se tait
Je contemple dans l’onde mon reflet sous la lune.
C’est en pensant à elle que je la vois le mieux
Je n’ai besoin pour cela d’aucun artifice
Puisque de mon cœur j’ai fait le sacrifice
La nuit veille mais elle ne sait pas lire dans mes yeux.
Touti, le 11.07.2008












