Rayon de lune

Au fil de ma plume et de celles que je rêve

10 mars 2008

Autodafé

J'écoute les cris du vent qui dehors s'ecchymose
Dans la nuit tourmentée, mon corps meurtri repose
Mon coeur lui insuffle sa langueur extatique,
Un parfum capiteux un brin mélancolique.
C'est doux, froid, blême et tendre, ça me fait frissonner
Comme un triste novembre aux matins dégrisés.

Les cauchemars elliptiques ressurgissent et me hantent
Je chasse d'un geste vif l'ombre déliquescente
Qui m'enlace en linceul infâme et moelleux,
Vague écho des caresses tendres de l'amoureux.
La morsure fugitive est pourtant souveraine
De ce ballet macabre, ce soir je suis la reine.

Sur les masques des convives, un rictus figé,
Symbole de l'anathème qu'ils ont sur moi jeté,
Désaccorde le rythme effréné de mon coeur
J'ai perdu la bataille contre l'armée des heures.
Vaincue j'entre à mon tour,effarée, dans la ronde
Assaillie de toutes parts, mon âme moribonde
Frappée par un éclair tressaillit et s'embrase
Dans la chaleur des flammes se consument mes phrases.

Touti, le 10/03/2008

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02 mars 2008

Sur les traces du fou..

(en commençant ce poème, j'avais en tête le titre du poème de Dar : "Fol marche sur les traces" ; le fou que j'évoque peut donc très bien renvoyer à son personnage. De toute façon, ce serait pas la première fois que je serais inspirée par les écrits de miss Dar^^)

Je marche sur les traces du fou sans faire de bruit,
Je n'ai d'autre visage que l'ombre de la nuit
Comme une âme égarée qui avance au hasard,
J'erre, un peu étourdie, à tâtons dans le noir.

En muse capricieuse, mon pantin s'est enfui
Je dois le rattraper ou trouver qui je suis.
J'ai oublié mon nom, c'est une bien triste histoire
Rappelez-vous seulement que j'ai le teint blafard.

Mais si mon nez est rouge, c'est que j'ai trop pleuré
Il n'est rien qui me fasse plus mal que le passé.
Je traîne derrière moi une ombre fatiguée
Un reste de moi-même en version cabossée.

Mon baluchon de rêves égaré en chemin
Manque à mon coeur. J'aimerais que tu me prêtes le tien
On causerait un instant de nos infortunes
On en rirait ensemble, éperdus sous la lune.

Mais tu n'es qu'un mirage, juste esquissé dans l'ombre
Un trait par-ci par-là, ton visage reste sombre.
Je soupire, m'impatiente et poursuis mon chemin
Peut-être te retrouverai-je un peu plus loin.

Je joue à saute-mouton de nuage en nuage
J'essaye de tuer le temps mais ça me décourage
Le passeur me regarde d'un air apitoyé
J'aurais bien envie de l'envoyer balader.

Il me dit de cesser sans arrêt de me plaindre,
Que les flammes les plus hautes finissent par s'éteindre
Je suis bien ennuyée par ses sages paroles
Et je lui cloue le bec par une cabriole.

La route est longue encore et je n'apprends pas vite
Longtemps les chercheurs d'or courent après des pépites
Je préfère avancer plutôt que renoncer
C'est plus facile à dire avec des rimes, je sais.

Touti, 1-2/03/2008

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01 mars 2008

Détours funambulesques

J'ai laissé s'éparpiller aux quatre vents
Les feuilles, les souvenirs et la magie d'antan
Les saisons passent et je frissonne. Déjà le matin ?
J'aurais voulu qu'on fasse ensemble... non, rien.

Je ne crois pas qu'écrire fasse la différence
Mais j'aime bien faire l'apologie du non-sens.
Des poèmes, des fragments de vie éclatés
Les mots prennent une couleur étrange une fois couchés sur le papier.

J'égrène une mélodie trop souvent répétée
J'ignore où cela mène, j'avance bon gré, mal gré.
Les mots se combinent de façon artificielle,
Je crois les maîtriser et ils se font la belle.

Je comprends que sur eux, je n'ai aucun pouvoir.
Sage de ce savoir, je me fais encore avoir.
Ils m'ont l'air aussi capricieux que le temps
A fuir dès que je les quitte des yeux un instant.

Pourtant je les chéris, je les manie dans l'ombre,
Je caresse l'espoir d'un avenir moins sombre.
Mais le fil est si fin, si fragile, si ténu.
J'avance au-dessus des décombres, les pieds nus.

Touti, le 1/03/2008

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