23 décembre 2007
Baby when the light
Petite expérimentation dans un autre style : Baby when the light
Les lumières défilent à toute allure, ce n'est qu'une succession de points aux couleurs vives, un arc-en-ciel de taches qui dansent devant mes yeux et toujours plus vite je tourne. Ou bien c'est le monde qui tourne. Et ma tête avec. Etourdie je vacille, impossible de marcher sans trébucher. C'est comme un bateau qui ne cesserait de tanguer. Stop ? Non pas encore.
C'est reparti. Le rythme s'accélère, le son est un peu plus fort, la musique résonne dans ma tête. C'est entraînant, entêtant, inquiétant. Les taches tournent toujours, en rythme avec la musique et moi avec. Mais pas dans le même sens. Transe. Qu'est-ce que je fais? Tourne. Trop mal à la tête. Pas grave. Marrant même si c'est bizarre. Perceptions exacerbées. Tournis. Vertige. Encore. Et toujours les taches qui tournent, la musique qui m'envole, le coeur qui se décroche. Parti mais pas loin. Reviens...
Trop forte la musique. Faire une pause comment ? Je sais pas je trouve pas je sais pas. Mon coeur s'emballe, impossible de le raisonner vu qu'il s'est décroché. Impression que mes tempes vont lui emboîter le pas que je suis à côté de mes pompes que ça ne va jamais s'arrêter. Vertige enivrant, tournis renversant, rythme entêtant. J'arrive plus à suivre continue quand même. Ridicule. Rigole bêtement. Mal au crâne, mal au coeur. Rire encore. Plus rien. Trou noir. Demain mal à la tête. Maintenant juste s'amuser, encore tourner, encore tourner encore. Longtemps... Avant de tomber.
16 décembre 2007
Locusts
Dehors la pluie bat contre les vitres, comme si elle effaçait le monde. Peut-être est-ce pour le rendre un peu plus beau. Peut-être est-ce pour le faire disparaître pour de bon. Cela n'a pas grande importance, après tout. Rien n'a vraiment d'importance...
L'essentiel, c'est de ne garder aucune trace du passé. Le moindre souvenir porte en lui un affect trop douloureux. Est-ce que l'oubli est la seule solution ? Retrouver la pureté du bonheur originel : la page blanche que l'on n'éprouve pas encore le besoin de noircir. La page blanche et cotonneuse, comme le nid où se pelotonnent les oisillons, comme le nuage sur lequel j'aime naviguer. Quand le vent est favorable, il m'entraîne à une vitesse de croisière, plus rien ne m'effraie, je vole. C'est vrai je vole : je me sens portée, je suis merveilleusement bien, à la fois légère et libre. Ivre de vivre, et c'est encore mieux que dans mes rêves.
Je suis triste de ne plus savoir voler. A trop regarder le soleil, on est vite ébloui et lorsqu'on est devenu aveugle, on n'arrive plus à apprécier la beauté de la lumière. Il me semble que le monde a sombré dans le gris, je ne distingue plus le ciel, le ciel noyé de pluie. Il est tombé sous mes pieds, je le foule sans même m'en apercevoir, il me contemple dans une flaque d'eau boueuse. Je détourne les yeux, triste et honteuse. Ce n'est pas dans ce ciel que j'ai volé. Non non, je me souviens très bien : il était clair, finement azuré, frais comme la brise par une douce matinée d'été. De toute façon, pourquoi continuer à y penser ? Puisque je ne peux plus voler, puisqu'il me suffit de marcher. Si si, c'est vrai, ils me l'ont dit, ils le répètent dans chaque souffle de vent, dans chaque goutte de pluie, que voler, voyons, voler c'est insensé, qu'il faut désormais se confronter à la réalité. Je demande un peu effrayée : "Et les rêves... ? mes rêves ?" Mais je vois bien que c'est un gros mot, qu'il ne faut pas le dire tout haut. Il en va des fragments de rêve comme des fragments de bonheur, si brillants et fragiles à la fois, de jolis reflets évanescents, mais si frêles et vulnérables. Ne pas perdre un instant, les chérir tant qu'ils brillent et continuer longtemps, même lorsqu'ils ont disparu, même lorsque la brûlure du souvenir s'est tue, noyée sous la pluie battante qui efface le monde. Il semblerait... peut-être... je lance quelques mots au hasard de ma plume, il est fort possible que je me trompe. Peut-être... je dis bien peut-être... qu'oublier n'est pas la meilleure solution.
15 décembre 2007
All the way down
Je ne veux plus souffrir la morsure du souvenir : tout est vain, tout s'enfuit, tout est voué à mourir. Avant même qu'on ait pu le saisir, le bonheur nous file entre les doigts. Je l'aperçois là-bas, il m'a jeté un coup d'oeil narquois avant de disparaître. Je reste ici, pantelante, tremblante, absente. J'ignore après quoi je cours : est-ce toi ? est-ce moi ? Peut-être que je fuis, tout simplement, un présent vide, un passé qui fait mal, un futur incertain... Le moindre mouvement est un effort qui m'épuise, j'avance à tâtons dans une nuit trop sombre à la recherche de mon pauvre coeur. Triste, il verse des larmes de sang que la nuit dévore. J'ai beau l'appeler, il ne m'entend pas. Je n'arrive plus à le raisonner, c'est comme s'il m'était devenu étranger. Je ne suis plus dupe de ce grossier décor qui m'entoure. Jouer la comédie ne m'amuse plus, laissez-moi seulement dormir. De toute façon, lorsque je me réveille, c'est pour geindre sans cesse. Je ne sais que me lamenter et j'ai conscience de la vanité de mon attitude. Mes mots me semblent si vides, mais ils ne sont que le reflet de moi-même. Comme tout cela est dérisoire...
Il est tard...
Il est tard et mon coeur pleure des larmes d'encre
Qui se noient dans la nuit où s'épanche ma peine.
C'est un sillon profond que ma douleur échancre
Je n'ai même plus de coeur, tout en moi n'est que peine.
Il est tard et je bois au calice la lie
Des passions qui me font depuis longtemps souffrir.
J'erre et tout me fait mal, même l'absence de bruit
Je suis comme un fantôme las de ne pas mourir.
-Il est tard petite soeur, il est temps, va dormir.
-Non, je n'ai plus de coeur, tout en moi se morfond
-A quoi bon s'évanouir en un flot de soupirs?
-Je ne sais que gémir quand a fui ma raison.
Touti, le 15/12/2007
08 décembre 2007
Falling slowly...
Cette mélodie est si douce, pourtant tu trouves qu'elle sonne faux. C'est à cause de toutes ces discordances : elles te font mal mais tu les écoutes quand même. Et tu ne peux t'empêcher de les trouver belles. Elles glissent en douceur le long de ta peau, elles caressent doucement ton coeur à l'endroit où la plaie béante refuse encore de se fermer. Cela ressemble un peu à un poème, mais en plus doux. Et tu te laisses bercer. Parce que tu n'as qu'une envie : que le vent t'emporte, doucement et très loin.
Le monde est de plus en plus flou mais tu aimes te perdre dans ces vagues-à-l'âme. Ils sont le plus sûr moyen de ne jamais te retrouver seul en face de toi-même. D'un battement d'aile à un battement de coeur, il n'y a qu'un souffle, ce sont deux notes qui se touchent sur le piano mais se distinguent sur la gamme. Sauf que tu n'es pas musicien, et la seule chose que tu perçois, ce sont les variations de la mélodie, tendres et à peine perceptibles. Tu aimerais que jamais ne s'arrêtent ces notes, tu essayes de les saisir mais déjà elles s'envolent et tu sais bien que c'est parce qu'elles sont éphémères qu'elles te sont si chères. Tout passe, tout s'en va, suis le mouvement et ne résiste pas. Ton corps est plus léger que ces feuilles mortes qui tourbillonnent là-bas dans l'hiver glacial, déjà elles ne ressentent plus le froid. Tu n'as rien à leur envier, elles sont comme toi, de fragiles et pâles épaves que le vent emporte, doucement et très loin.
La nuit est belle
La nuit est belle, mon coeur
Ni toi ni moi n'existons plus
Le temps atténue la douleur
Et le passé en moi s'est tu.
La lune est reine, mon ange
Dans son palais de nuages
Elle ne veille plus sur Pierrot, étrange ;
Mais elle connaît son coeur volage.
L'air est glacé, mon amour,
Mon corps tout entier n'est que froid
Je ne sens même plus les contours
De ton visage sous mes doigts
La neige nous a recouverts
De son blanc linceul éphémère
Ne trouves-tu pas, mon coeur
Que la nuit est belle ?
Touti, le 8/12/2007
04 décembre 2007
Ebauche de réflexion
J'ai envie de ressentir ce frémissement si caractéristique qui me parcourt l'échine quand sans que je m'y attende, une émotion me frappe de plein fouet. Cette accélération des battements du coeur dans la poitrine, ou juste l'impression qu'il va se décrocher ou s'arrêter, comme le temps qu'on aimerait tant faire ralentir ou reculer. Il suffit d'une triste mélodie, d'une poignée de mots doux glissés à l'oreille, d'un regard empli de tendresse, pour s'envoler. Il suffit d'un instant, d'une parole, d'un éclair d'incompréhension pour que tout se brise. Je voudrais juste comprendre pourquoi je suis si fragile, pourquoi des fragments de ma vie me heurtent comme des morceaux de verre qui m'écorchent, pourquoi une douleur sourde résonne dans chaque parcelle de mon être pendant si longtemps, pourquoi je ne peux pas envisager les choses sereinement. J'ai l'impression que je peux me voir comme la lumière blanche au travers d'un prisme, observer chacune de mes composantes, bien distinctes, mais leur entrelacs est si complexe que malgré tout je m'y perds.
Je parcours les chemins de mon existence, lentement, prudemment, je recueille de ci, de là, des petits lambeaux de sagesse (du moins, ce qui y ressemble), des vérités relatives que j'apprends à manier avec précaution, et ainsi l'air de rien, sans m'en rendre compte, j'avance. Mais la route est semée d'embûches, et souvent je trébuche. Je sais aussi que sur d'autres chemins, d'autres comme moi tombent et se relèvent, que ce que j'écris ne sert à rien, mais je continuerai quand même.
03 décembre 2007
Nuit de pluie
Nuit de pluie ruisselante de mélancolie,
Une larme étincelle sur la joue de Pierrot,
Laissant une traînée scintillante que suit
Un rayon de lune sur la pâleur de sa peau.
Nuit de bruine incessante, une mélodie d'or fin
Sous la voûte d'ébène fait briller mille étoiles
Et cisèle la nuit de plics plocs cristallins
A l'heure où mon navire enfin hisse les voiles.
Nuit sinistre et trompeuse, pour mon coeur enjôleuse
Au matin, je m'éveille et tout a disparu,
J'ai tout rêvé : Pierrot, cette pluie merveilleuse...
Je n'entends plus mon coeur qui soudainement s'est tu.
Touti, le 3/12/2007
02 décembre 2007
Petite impro bourrée de clichés
Je marchais en équilibre quand
J'ai perdu soudain le fil du temps.
Les mots se sont dérobés,
L'espoir est parti en fumée :
Des volutes au parfum d'hier
Qui restent à l'état de poussière
Poursuivent leur course sans fin
Aujourd'hui ressemble à demain
Et à tous les autres jours
Puisque plus rien ne rime avec
Un mot qui me laisse le coeur lourd.
Touti, le 2/12/2007
Saison des pluies
Le soleil brille dehors mais il n'entre jamais
Dans ma tour de verre aux tentures écarlates,
Le dédale de ce palais des glaces m'effraie
Sous mes allures d'humain, je suis un automate.
J'erre dans les méandres de ma prison de cristal
J'égrène les mots en sachant que tu n'entends pas
Les notes mélancoliques tombant de l'astre pâle
Qui à peine jouées, sombres et amères, se noient.
En ma triste demeure balayée par les vents
Où le soleil aveugle les rayons de pluie,
Des averses de larmes baignent mes tourments,
Et la mer qui berçait mon coeur l'a englouti.
Touti, le 2/12/2007













