Rayon de lune

Au fil de ma plume et de celles que je rêve

04 novembre 2007

L'image de la semaine

rantan

Delphinoute, la grande rousse qui vit dans le Nord et qui accessoirement me sert d'amie, m'a gentiment dit hier que cette image était représentative de mon état d'esprit (est-il nécessaire de préciser que la Delphinoute est un être complexe, délicieusement ironique et décalé ?). N'empêche que... j'adore cette image ! Et comme je ne suis pas suffisamment calée en BD pour que me vienne immédiatement à l'esprit la pensée du "chien plus bête que son ombre", eh bien cette remarquable petite chose qui fait des ravages dans ma tête et que je nommerai familièrement "mon esprit" se plaît à gamberger à propos de ce pauvre toutou.

Tout guilleret, la tête dans les nuages, il arpente avec insouciance les chemins de la vie, pensant naïvement pouvoir surmonter tous les obstacles, sauf qu'on ne peut pas tous les éviter alors il arrive parfois qu'on se cogne à la dure réalité (ici représentée sous la forme d'une poubelle, chouette métaphore d'ailleurs^^). Mais l'esprit de l'irréductible rêveur continue à survoler les vastes plaines de l'imaginaire et qu'importent les plaies et les bosses, ce qui compte est de garder la tête dans les étoiles.

Voilà, c'était la pensée (une fois n'est pas coutume) optimiste de la semaine. Amis rêveurs, je vous salue.

Posté par _Touti_ à 20:05 - Coups de coeur - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Imagine...

...qu'on est tous des entités, chacun une existence à part entière, distincts les uns des autres mais pas forcément des êtres de chair et de sang. On pourrait tout aussi bien être le fruit de l'imagination d'un démiurge (je n'ai pas dit forcément de Dieu) mais d'un écrivain par exemple ou encore d'un réalisateur. On fait partie de l'histoire donc (pas celle avec un grand H mais la petite fiction, peut-être télévisuelle, peut-être même qu'elle passe sur TF1... ouille, nan quand même pas, ça voudrait dire qu'on aurait tous des QI d'huîtres^^ pardon je m'égare) et on n'existe que dans la mesure où nous sommes liés à elle. Tu vas me répliquer que c'est impossible parce qu'on est infiniment plus complexes que des personnages inventés, que l'étendue de nos pensées est quasi sans limites etc. Je le concède, mais il n'empêche qu'il est possible que le créateur ait simplement mentionné dans son script que nous étions des êtres humains comme les vrais, dotés d'une pensée plus ou moins complexe et intimement persuadés d'être les habitants les plus intelligents de cette planète et qu'il nous ait mis dans la tête tout un tas de préjugés sur l'existence qu'il partage peut-être bien lui-même. On pourrait même imaginer que ledit démiurge soit lui-même né de l'imagination ô combien fertile d'un troisième inventeur, bref nager en plein délire de création. Mais pourquoi est-ce que ce serait si fou de penser ça ? Ou bien alors je te mets au défi de prouver que ce que j'avance n'est qu'une aberration, et si en même temps, tu pouvais m'expliquer à quoi rime toute cette vaste comédie et le rôle qu'on est censé y jouer, je t'en serais éternellement reconnaissante.

N'empêche que c'est flippant de commencer à se poser ce genre de questions, et que c'est possible que ce soit pour ça que j'aime tant la littérature et l'analyse de textes : on te met face à quelque chose qui est (en apparence) stable : il y a une situation, des personnages qui parlent/pensent/agissent et toi tu te prends pour le maître du monde, de là-haut tu te penches sur eux avec ta loupe ultra grossissante et tu te permets de les juger, ces vulgaires êtres de papier qui t'apparaissent comme quantité négligeable, enfin plutôt comme une donnée essentielle au sein du travail que tu t'es proposé d'effectuer sur eux, mais une fois que tu auras fini de les disséquer, ils sombreront dans l'oubli (jusqu'à ce qu'un autre étudiant vienne à son tour remuer la poussière qui se sera entre temps à nouveau déposée entre les pages du livre). OK j'exagère, j'ai quand même un peu dépassé le stade que je viens de décrire. Toutefois, tu es obligé d'envisager les choses comme ça si tu comptes sérieusement arriver à une fin après t'être confronté au texte ; il faut partir du postulat que le texte est naïf, qu'il a un sens littéral premier qui va te servir de base pour accéder à des couches plus complexes de compréhension (si tant est qu'on se dise que ces couches constituent elles-mêmes un terreau stable pour une compréhension plus proche de l'essence du texte). Je ne parlerai même pas de cette expérience que tu as sans doute déjà faite de relire un texte que tu avais découvert il y a quelques années et qu'aujourd'hui tu as re-découvert avec le regard émerveillé de l'individu que tu es devenu désormais, en y relevant quantité de détails qui à l'époque ne t'avaient pas frappé mais qui maintenant prennent tout leur sens (en revanche, tu ne peux pas non plus te rappeler l'innocence naïve du premier regard que tu as porté sur ces mots) . Tu fais exactement la même chose face à une personne que tu rencontres : tu la découvres d'abord au sens littéral, au travers de ce qu'elle veut bien montrer d'elle puis à force de la côtoyer, tu apprends à la découvrir au travers des non-dits, des situations, de ses réactions, tu apprends à composer avec son caractère comme elle avec le tien, et déjà elle te façonne comme toi tu la façonnes, chacun puisant quelque chose de l'autre pour se modifier juste un peu, le temps d'une histoire dont vous êtes les protagonistes... et tu prends conscience qu'elle est infiniment complexe (du moins, autant que toi) et que jamais tu n'auras épuisé l'étendue des possibles de son être.

C'est désagréable de prendre conscience que l'esprit humain a des limites, que tout ce qu'on entreprend contient déjà en soi une certaine vanité irréductible. En même temps, je crois que c'est ce qui nous motive : ce petit rien qui nous résiste et qui en fait dissimule tout un monde auquel on envisage, du moins en rêve, d'accéder...

Posté par _Touti_ à 03:38 - Méditations toutiennes - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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