14 octobre 2007
Finitude...
Je ne peux pas m'empêcher de me demander comment on fait pour gérer le passage du tout au rien, du plein au vide, surtout quand on ne s'y attend pas et que ça nous tombe dessus sans qu'une bonne âme ait pris le temps et la peine de nous mettre en garde. Ca donne quand même une bonne leçon : ne jamais se reposer sur ses lauriers, ne jamais s'endormir dans un illusoire bonheur. Tout est fragile, sujet à disparaître, alors non seulement il faut en être conscient et profiter à fond de ce qui se présente de positif, mais en même temps, il faut se tenir prêt à encaisser des coups. S'endurcir, devenir un peu plus fort pour ne pas ployer sous le poids de peines trop lourdes. Le pire étant qu'elles sont trop lourdes sur le coup, si dures à supporter qu'on pense qu'on ne s'en relèvera jamais, et c'en serait presque une consolation.
J'ai longtemps pensé que puisque le bonheur auquel j'aspirais plus que tout ne m'était pas accessible (et que la seule chose qui me restait était la peine que je ressentais), la seule façon de ne pas renoncer à mon idéal était de ne faire plus qu'un avec cette douleur qui me hantait, j'avais ainsi l'impression de n'être plus que ma douleur et par là même de m'immoler sur le bûcher de mes idéaux, ça me semblait être la seule façon de conjurer l'injustice du sort. Ce genre de raisonnement ne dure qu'un temps : il y a un moment où l'instinct de survie reprend le dessus, quand le corps et l'âme sont épuisés d'avoir mal. Alors, on se secoue les puces et on se remet à vivre parce qu'on n'a pas d'autre choix. Surtout quand on ne peut pas lutter contre ce qui nous accable.
Bon ça m'est arrivé par le passé, je me retrouve dans une situation similaire aujourd'hui, avec quelque part un peu moins d'idéalisme et un peu plus d'amertume dans le coeur (mais encore et toujours des regrets...). Ca doit vouloir dire que ça va forcément passer... que le processus va recommencer, que bientôt ça ira mieux... C'est rassurant bien sûr, de se dire qu'on est assez fort pour réussir à se relever, mais en même temps, c'est triste de penser qu'on n'est pas assez sensibles pour que nos sentiments restent constants, de penser que tout est voué à disparaître, surtout ce qui était beau... Parce que rien ne nous dit que ce qu'on reconstruira par la suite (et qui sera peut-être encore plus beau) n'est pas aussi voué à disparaître. Je songe que j'ai encore parcouru si peu de chemin, mais je me sens déjà si fatiguée...
13 octobre 2007
"Il ne faut pas pleurer parce que cela n'est plus, il faut sourire parce que cela a été" (Marguerite Yourcenar)
Un peu de sagesse dans ce monde de brutes, voilà qui ne peut pas faire de mal. A l'heure où le sourire s'est noyé dans les larmes, nul autre choix que celui d'aller de l'avant. Du moins si l'on a décidé de cultiver son petit lopin de bonheur. La vie est courte et je dois l'avouer, il semblerait que les stoïciens avaient raison. Partant de là, à quoi bon rester seule dans mon lit à me morfondre et à pleurer sur des jours si heureux que j'ai l'impression de les avoir rêvés ? La vie est ainsi faite : on se lève un matin ; le ciel semblait bleu, les oiseaux chantaient, l'avenir était souriant... tout ça n'était qu'un leurre.
Repartons de zéro, la pellicule est vierge, le film recommence : "C'est un trou de verdure où chante une rivière...". Joli topos : je vois déjà quelques enfants insouciants évoluant dans un cadre bucolique comme sur ces vieux livres de contes que nous lisaient nos parents quand on était encore petits. C'est toujours étrange de feuilleter de nouveau ces ouvrages a posteriori : l'impression d'une amère imposture, d'avoir été trop longtemps la dupe d'un imaginaire idyllique, ce qui paradoxalement n'empêche pas la magie d'opérer : ces traits si arrondis, ces couleurs si parfaites, c'est trop beau pour être vrai et c'est bien ainsi^^. Citons Hugo Pratt : "Pessoa disait que nous avons 2 vies, celle que nous prenons pour la réalité et celle de nos rêves, qui est la vie où nous voulons vivre, et qui est peut-être la plus authentique". Et il est vrai que bien souvent la vie de nos rêves est ô combien plus riante que la grise réalité. Nous sommes toutefois irrémédiablement déchirés entre ces rêves qui nous habitent et nous façonnent et la nécessaire conciliation avec la réalité.
J'en reviens toujours à cette obsession qui me hante : comment bien vivre ? comment mener la barque de l'existence avec savoir-faire ? Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas ; si la vie n'est pas souple, c'est donc à moi de m'assouplir afin de m'adapter au mieux à la vie. A défaut de récolter du bonheur, j'en tirerai un moindre malheur.
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Tournons-nous une dernière fois vers le passé, le regard empreint de tristesse, la bouche sèche de l'attente d'un baiser qui n'atteindra jamais nos lèvres. Il faut vivre, et donc avancer, d'un pas lent mais assuré, sur les chemins sinueux de l'existence, avec sur l'épaule un baluchon plein d'étoiles dont la clarté brûle encore nos coeurs. J'essaye de marcher droit devant moi, même si je tremble, même si j'ai froid. Loin derrière, laisser la tristesse et les larmes. Seulement garder au fond de soi un petit fragment du bonheur passé comme la promesse de celui qui est à venir.













