Rayon de lune

Au fil de ma plume et de celles que je rêve

31 octobre 2007

Listening to "Pierrot the clown"

And if you're ever around,
In the city or the suburbs
Of this town,
Be sure to come around,
I'll be wallowing in sorrow,
Wearing a frown,
Like Pierrot the clown

Ferme les yeux juste un instant
Laisse la mélodie te porter
Tes ailes semblent se déployer
Tu te sens plus fort à présent.

L'azur n'a jamais été aussi clair
Au loin, pas une larme de pluie
Tu as oublié les jours gris,
Le passé est devenu poussière.

Dis-moi, pourquoi ton oeil brille?
Est-ce que tu es toujours triste?
C'est l'heure pour toi d'entrer en piste
Le public se fiche des broutilles
Qui engluent encore ton esprit.

C'est l'heure pour toi d'entrer en scène
Deviens l'objet de leurs pensées
Le coeur qui bat, la plaie qui saigne
Fais-les rire et fais-les pleurer.

Qu'ils oublient un instant
En regardant le bouffon
Le fiel de la vie
Leur triste condition.

Tu ne vaux guère mieux qu'eux
Seulement, toi tu le sais
Amuse-les, ils sont malheureux
Et tant pis si ton coeur se tait.

Touti, le 31/10/2007

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Hoy dia luna dia pena...

Dia luna... dia pena

-Petite fille, arrête de poursuivre ce rêve
-Mais je sens, je sais que je peux le rattraper
-Petite fille, regarde, la pluie qui tombe est vaine,
de même que les nuages ne t'effleureront jamais.

-Pourquoi me fais-tu mal avec tes mots tranchants?
-C'est pour ton bien, petite fille, il faut que tu me croies.
-Je ne comprends pas, ce matin le ciel était riant...
-Ton bonheur, petite fille, n'est jamais où tu crois.

-Mais qu'est-ce que je dois faire? Oublier mes chimères?
-En imaginer d'autres, les aimer, les faire vivre
jusqu'au moment où elles retomberont en poussière.
-Je me sens l'âme amère, je veux redevenir ivre...
-Pourtant à l'horizon se profile l'hiver.

-Je ressens dans mes os sa morsure trop vive,
J'ai froid, j'ai mal au dos, je ploie sous tant de maux...
-Cesse alors de te plaindre, et rejoins donc la rive
Car chaque jour grandit le poids de ton fardeau.

Touti, le 31/10/2007
(Inspiration née de la lecture de textes de Dar)

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29 octobre 2007

Spleen

Avec l'automne s'alourdissent mes peines
Difficile d'avancer quand mes poches en sont pleines.
Les nuits trop longues mangent la clarté du jour
A peine levé, déjà se perdent ses contours.

Le vent orchestre la danse macabre des feuilles mortes,
Il a soufflé sur la chandelle de Pierrot
Qui est parti sans un mot
En laissant mon coeur à sa porte.

Depuis j'erre dans la nuit sans lune,
En implorant ma bonne étoile,
Je cherche un logement de fortune
Pour abriter mon idéal.

Je suis fatiguée de traîner mes vieux souliers
Lourds de mes tristes pensées.
J'ai juste envie d'oublier, de rêver,
De m'en aller le coeur léger.

Touti, le 29/10/2007

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Ciel gris...

Ciel gris nuageux parsemé d'éclairs aveuglants
Qui éblouissent les yeux. Temps de fin du monde
De soleil sous la pluie, un peu de blanc beaucoup de gris

Ciel triste nébuleux constellé de miettes de bleu
Souvenir d'un visage qui se perd dans la brume
Plus de pluie que de soleil, plus du tout de soleil

Temps maussade dans ma tête
Battement de la pluie sur les vitres de mon coeur
Sourire, écrire, souffrir, finir.

Touti, le 29/10/2007

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20 octobre 2007

Baudelaire forever...

Le Spleen de Paris, c'est un peu le summum de la création baudelairienne. Parce que peu de poètes ont eu autant l'art et la manière de si bien exprimer les choses, et parce que j'aime ce poème (il suffit de le lire pour comprendre pourquoi), j'ai juste envie de le poster ici.

Les Bienfaits de la Lune

La lune qui est le caprice même regarda par la fenêtre pendant que tu dormais dans ton berceau, et se dit : " Cette enfant me plaît " Et elle descendit moelleusement son escalier de nuages, et passa sans bruit à travers les vitres. Puis elle s'étendit sur toi avec la tendresse souple d'une mère et elle déposa ses couleurs sur ta face. Tes prunelles en sont restées vertes et tes joues extraordinairement pâles. C'est en contemplant cette visiteuse que tes yeux se sont si bizarrement agrandis ; et elle t'a si tendrement serrée à la gorge que tu en as gardé pour toujours l’envie de pleurer. Cependant dans l’expansion de sa joie, la lune remplissait toute la chambre comme une atmosphère phosphorique, comme un poison lumineux et toute cette lumière vivante pensait et disait: " Tu subiras éternellement l'influence de mon baiser. Tu seras belle à ma manière ; tu aimeras ce que j’aime et ce qui m’aime: l’eau, les nuages, le silence et la nuit ; la mer immense et verte ; l’eau informe et multiforme, le lieu où tu ne seras pas; l'amant que tu ne connaîtras pas ; les fleurs monstrueuses ; les parfums qui font délirer ; les chats qui se pâment sur les pianos et qui gémissent comme des femmes, d'une voix rauque et douce ! "Et tu seras aimée de mes amants, courtisée par mes courtisans Tu seras la reine des hommes aux yeux verts dont j'ai serré aussi la gorge dans mes caresses nocturnes ; de ceux-là qui aiment la mer, la mer immense, tumultueuse et verte, l’eau informe et multiforme, le lieu où ils ne sont pas ; la femme qu'ils ne connaissent pas ; les fleurs sinistres qui ressemblent aux encensoirs d'une religion inconnue, les parfums qui troublent la volonté, et les animaux sauvages et voluptueux qui sont les emblèmes de leur folie ! Et c’est pour cela, maudite chère enfant gâtée que je suis maintenant couché à tes pieds, cherchant dans toute ta personne le reflet de la redoutable divinité, de la fatidique marraine, de la nourrice empoisonneuse de tous les lunatiques !

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J'aime Nantes...

Parce que s'il est bon parfois d'être à l'écoute de son mal-être, il ne faut toutefois pas négliger son bien-être et sa joie de vivre^^, je voudrais donc m'attacher à mettre en valeur ce salvateur petit morceau de ciel bleu qui éclaire un coin de ma tête.

Une fois n'est pas coutume, le soleil a rayonné en maître sur Nantes cette semaine, dardant un peu de chaleur sur mon pauvre coeur engourdi. Je bénis l'été indien pour ses vertus curatives, il me semble qu'il n'existe pas meilleur baume qu'un ciel d'azur pour apaiser un mal mélancolique et diffus ou du moins pour s'accorder avec lui de la manière la plus harmonieuse qui soit. J'aime l'automne sous le soleil, les feuilles se teintent de couleurs chaudes, ultime parade qui annonce leur mort prochaine, mais elles irradient alors tout ce qui leur reste de beauté dans un flamboyant ballet où se mêlent des nuances chatoyantes, dans un fragile arc-en-ciel dont ne se dessine pas encore l'issue funeste. Le temps est suspendu entre été et hiver, comme un funambule qui avance le long de son fil, en équilibre, conscient de sa chute à venir et d'autant plus beau qu'il sait qu'elle sera inéluctable et fatale. Le vent se fait de plus en plus frais, tandis que j'abandonne mes membres à sa morsure vive. La ville semble s'offrir à moi dans ses plus beaux atours et j'accepte le présent qu'elle me fait d'exhiber ainsi sa beauté, je m'en empare pour continuer à la faire vivre dans un coin de ma tête quand le gris aura tout recouvert alentour.

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J'aime les rues pleines de monde, j'aime même les manifestants parce que leurs banderoles sont aux couleurs de l'arc-en-ciel, j'aime l'Erdre qui n'a jamais été aussi bleue (reflet du ciel dans l'onde oblige) : je m'arrête au milieu du pont Saint Mihiel et je la regarde s'écouler lentement (en pensant à Apollinaire : "Sous le pont Mirabeau coule la Seine..."), je voudrais rester là des heures, c'est comme si j'étais coupée du monde, dans un temps suspendu où moi aussi l'espace d'un instant je deviens funambule, comme si je savais danser en équilibre sur le fil du temps. Douce chimère, mon coeur rattrape bien vite mes pas mais du moins, comme moi, il aime à se nourrir de rêves et de poésie, recueillis au coin d'une page, au coeur d'un parc, assise sous la voûte bleutée et par les rayons de l'astre solaire caressée. J'ai l'impression de toucher à l'essence du monde et de sa beauté, je me sens merveilleusement bien, l'univers est à ma portée et je n'ai qu'à tendre les doigts pour l'effleurer.

Je parcours les rues pavées, les rues goudronnées, j'admire les hôtels particuliers, les immeubles moches aussi parce qu'ils rehaussent la beauté du reste... Je me dis que j'ai envie d'aimer chaque recoin de cette ville et que je ne la connais pas assez, que je n'ai pas su prendre le temps de l'apprivoiser. Qu'à cela ne tienne, je vais partir découvrir et redécouvrir les moindres parcelles d'espace qui m'échappent afin de me les approprier, et peut-être qu'au bout de la route, c'est  moi-même que je trouverai et que j'apprivoiserai.

Après tout, André Breton a dit : "Nantes : peut-être avec Paris, la seule ville de France où j'ai l'impression que peut m'arriver quelque chose qui en vaut la peine". Il est grand temps de vérifier cela...

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Colère, folie, instabilité...

A force de se perdre dans les méandres de la pensée, il arrive un moment où l'esprit se trouve dans une impasse. A quoi bon élaborer des conjectures, retourner en vain et sans fin tous les cas de figures possibles et imaginables ? Le passé reste le passé, les faits demeurent ce qu'ils ont semblé être et ce qu'ils ont été aux yeux de celui qui les a vécus, aussi différents qu'ils aient pu paraître d'un individu à l'autre... Mais le cerveau humain est une remarquable machine qui se plaît à rembobiner le film et à se repasser la même bobine au travers de différents filtres : pathétique, attendrissant, cynique... et on se retrouve alors avec un nombre insoupçonné de versions de la même histoire, alors qu'on la conjugue déjà au passé. On croit devenir fou... l'esprit insatiable, dans sa douleur, cherche en vain à se raccrocher à l'explication la plus tangible, mais toutes se dérobent devant lui ; il est prêt à tout accepter à condition de connaître, ou tout au moins d'entrapercevoir la vérité. Mais que faire quand cette maigre consolation ne lui est même pas accordée ? Oublier ? Se résigner ? En prendre son parti comme le passage obligé, un mauvais moment à passer qu'un meilleur viendra effacer ? Oui... j'ai peur que ce soit tout ce qu'il reste à espérer... que cette désagréable sensation qui s'empare de moi chaque matin au réveil se fasse petit à petit de moins en moins présente pour finalement disparaître...

Posté par _Touti_ à 00:55 - Méditations toutiennes - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Tout est fragile...

De mon âme à ton cœur
De mon cœur à tes yeux
Limite infranchissable
Sanglots intarissables
Quand les mots qui nous rapprochent se taisent
Absence, silence.
Quand les mots qu'on aime nous trahissent,
Factices. Supplice.
Rien de plus éphémère
Que ce faible lien
Entre nos âmes amères.
Mais il nous contient.

Touti, le 9/03/2006

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Musique et mélancolie

La musique est un merveilleux moyen pour revivre des instants d’éternité. Je suis intimement convaincue qu’à chaque seconde, instant, minute, heure de notre vie correspond une mélodie. C’est toutefois dans les moments de tristesse et de mélancolie que la musique se laisse entendre avec la plus grande intensité, qu’un frisson glacé vous parcourt, que vous ne pouvez vous empêcher de trembler tandis que vous reviennent en tête les instants magiques que cette mélodie a su figer, elle devient alors la seule preuve que vous n’avez pas rêvé, elle vous permet de graver à nouveau dans votre cœur ce précieux moment d’éternité, de le revivre nimbé de l’aura du souvenir et de la nostalgie.

J’aime la musique pour son pouvoir enchanteur, parce qu’elle me fait voyager dans le temps (traveling over land and sea…), sur les flots de ma mémoire vacillante et qu’elle me permet de parcourir la gamme de mes émotions et de mes sentiments, de revivre en imagination les plus jolis moments d’un film qui s’est trop vite arrêté…

Posté par _Touti_ à 00:08 - Méditations toutiennes - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 octobre 2007

Déliquescence

Une dernière fois l’écho résonne dans l’infini

En prélude au silence de nos regrets trop lourds.

Le soleil s’est couché, tous les matins sont gris,

Le reflet de l’absence estompe nos contours.

Les rêves éparpillés sur la rive de nos cœurs

Balayés par les vagues ont perdu leurs couleurs

Les fantômes du passé, qui dans l'ombre menacent
S'estompent lentement dans un étau de glace.


Dormir et s'envoler vers des contrées lointaines,

Coeur en berne à la proue, débusquer des sirènes,

Amerrir et voguer sur les mers désertiques

Avec Pierrot pêcher des poissons lunatiques.


Dans les songes on s'égare et quand il est trop tard,
L'inspiration nous manque, le ciel semble plus noir.

Souffle court et se perd en douloureux silence,

Quand nous dévore en fin le spectre de l'absence.

Touti (commencé le 18/01, achevé le 15/10/2007)

Posté par _Touti_ à 01:08 - Au fil de ma plume - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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