23 septembre 2007
"Les gens croient poursuivre les étoiles et ils finissent comme des poissons rouges dans un bocal"
J'emprunte ce titre à « L’élégance du hérisson » de Muriel Barbery, un livre que j'ai eu le bonheur de découvrir cet été et qui constitue une mine de pistes à explorer pour toute personne qui, comme moi, aime un tant soi peu se prendre la tête sur des questions existentielles.La phrase que je cite s’inscrit dans une réflexion sur l’absurdité de la vie, qui nous frappe de plein fouet à l’âge adulte après qu'on nous ait laissé baigner durant de nombreuses années dans le cocon rassurant de l'enfance, tandis qu'on attendait avec espoir de grandir pour trouver des réponses aux questions qui nous tourmentaient (je me permets de paraphraser grossièrement Muriel Barbery, parce que son propos rejoint une réflexion que je m'étais faite il y a quelques temps). Et donc, si j'y reviens, c'est que ça me turlupine. Eh oui, y'a des jours comme ça où tout semble gris, où on n'a pas le moral, rien à faire,et où il faut accepter de traîner sa vieille carcasse toute la sainte journée en attendant demain. Aujourd'hui en fait partie pour moi, alors je viens polluer mon blogounet chéri de mes présomptueuses "méditations toutiennes", juste pour poser à plat mes interrogations, des fois que ça me ferait du bien.
Posons d'ores et déjà quelques évidences : la vie n'est pas quelque chose de stable sur quoi on peut s'appuyer, ceci n'est qu'une apparence trompeuse qui nous endort dans un quotidien morne, et dans l'attente, bien souvent, de lendemains meilleurs. Or, la mort veille, dans l'ombre, et on a tort de l'oublier. Enfin, je comprends bien qu'on n'y pense pas tout le temps, mais c'est quelque chose qui m'a toujours frappée : comment fait-on pour vivre, avec insouciance, tout en étant conscients de notre finitude ? Ce doit être une ressource de l'esprit humain (sagesse ou naïveté ?) que de pouvoir occulter la pensée de notre mort (plus ou moins prochaine). Même quand un proche meurt, on se sent écrasé, on souffre, l'absence et le manque dominent pendant quelques temps, mais on reste tout de même étranger à cette mort qui n'est pas la nôtre. La mort des gens qui me sont proches me terrifie plus que la mienne, je me demande comment on peut faire face à la mort d'un conjoint, comment on peut continuer à vivre quand disparaît celui qui a partagé votre vie durant des années ? Et je ne trouve pas de réponse. Pourtant, je me dis que la seule solution est la résignation ; pour trouver la force de continuer, il faut savoir garder la beauté des souvenirs, et ne pas refuser la possibilité d'un éventuel bonheur à venir. C'est très facile pour moi de dire ça, car je ne suis pas dans ce genre de situation. Mais dans la mesure où la mort fait partie intégrante de la vie, c'est une des règles du jeu et on n'a pas d'autre choix que de l'accepter. Je joue les stoïciennes, pourtant je n'avais encore jamais ressenti à ce point ce sentiment d'écrasement et d'impuissance, cette impression que la vie est une tragédie, ou du moins que c'est l'allure qu'elle peut prendre pour certaines personnes dans mon entourage... et que puis-je faire face à cela ? Rien. Parce que personne n'y peut rien. On peut être là, on peut écouter, épauler, aider, mais c'est tout. Celui qui a perdu l'être aimé rentre tout seul chez lui le soir et c'est seul qu'il doit faire face à ses fantômes.
Si la vie se résume à un acheminement vers la mort, quelle est la meilleure façon de la vivre ?
Je n'en ai aucune idée. Je passe une grande partie de mon temps à me morfondre ou à m'interroger, à perdre du temps, à ne rien faire de constructif, j'ai beau me dire qu'il faut que je me secoue, être pleinement consciente que le fait d'être une loque n'est pas à mon avantage, je n'en suis pas pour autant plus constructive. J'en suis la première affligée. Alors je me dis qu'il faut prendre ma vie en main, et une ribambelle d'obstacles surgit de manière impromptue, qui ont tôt fait de me décourager. Il serait grand temps que je trouve une source de motivation et que je songe à tout mettre en oeuvre pour me trouver un avenir qui me plaît. La rentrée arrive et je n'ai jamais été aussi peu sûre que continuer en MASTER soit une bonne idée. Il serait peut-être temps de me heurter à la vie concrète. (j'écris ça, je suis consciente que c'est vrai, mais j'ai encore une flemme monstrueuse). Non seulement je ne suis pas fichue de me bouger, mais ce n'est pas pour ça que j'en suis plus heureuse, j'ai l'impression que je ne profite de rien (enfin disons, de pas grand chose). Pourtant, je sais que la vie peut apporter des choses merveilleuses, j'aimerais vivre intensément chaque minute, chaque seconde, et au lieu de ça, je fais tout le contraire. Je suis désespérante. Et je suis fatiguée...
Et puis je me relis, et je me trouve bien pitoyable, j'ai bien moins de raisons que d'autres d'être malheureuse et je ne sais faire qu'une chose : me plaindre. J'imagine que quand j'en aurai vraiment trop marre, je trouverai la force de me bouger...
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