28 août 2007
Les enfants du paradis
Mon dernier coup de coeur en date (et pas le moindre) est pour un film qui m'a profondément touchée, de ceux qui "parlent à l'âme en secret sa douce langue natale" pour paraphraser ce bon vieux Charles^^.
Il s'agit d'un vieux film qui date de 1945 : Les enfants du Paradis, qui relate l'histoire de Baptiste, un jeune homme qui se révèle excellent dans l'art de la pantomime, ce qui lui permet d'ailleurs de sauver une jeune femme, Garance, accusée d'avoir volé une montre en or. Mais voilà, Baptiste tombe éperdument amoureux d'elle et la fait engager au théâtre des Funambules où il triomphe dans une superbe pantomime : celle-ci est une magnifique mise en abyme de l'action dramatique puisqu'on y retrouve Baptiste en Pierrot naïf et idéaliste tandis que Garance apparaît de son côté belle et inaccessible. Il y a aussi Nathalie qui est éperdument amoureuse de Baptiste... J'aimerais tout raconter mais ce serait dommage, il faut voir ça de ses propres yeux, en mesurer toute la beauté, toute l'intensité, apprécier l'amour et la tristesse tels qu'ils sont rendus dans la pureté de leur essence. Et surtout, il ne faut pas, par pitié, s'arrêter aux vieux clichés du type : "bah c'est un vieux film". La beauté est intemporelle et peut être cachée dans les moindres recoins de ce monde, ce film est un joyau à l'état brut, de la poésie portée à l'écran, il est beau, tout simplement...
Le lien pour voir un extrait de la pantomime de Pierrot
26 août 2007
Prose réflexive du soir
Après avoir fait un petit tour sur le blog de Darounette, où j'en ai pris plein les mirettes et le cerveau, je m'en reviens sur mon petit bonhomme de chemin, "émulée" (pas la peine de pousser les hauts cris, ce néologisme est volontaire^^) par ce que j'ai lu et m'apprêtant à rebondir dessus. Darounette, j'allais dire que tu es ma muse, mais le terme "trampoline" serait peut-être plus exact. Il faut dire que la réflexion que tu as entamée sur l'ennui est un sujet bien vaste et qui me heurte d'autant plus de plein fouet que j'ai placé mes vacances sous le signe d'une glandouille honteuse et quasi malsaine, qui m'inculture et me rend morose à mes heures perdues. Dès lors, la vanité de l'être dont je fais l'expérience chaque jour que Dieu fait (si tant est que Dieu soit et fasse quoi que ce soit) trouve un écho dans ce questionnement existentiel et assez typiquement darounettien qui place l'ennui au coeur de nos vies et donc de nos interrogations. Il s'agit donc (du moins en ce qui me concerne) de m'interroger sur cette pernicieuse et pathologique flemme qui s'est emparée de moi depuis quelques semaines et qui rend chacun de mes gestes semblable à un effort considérable, tandis que je rejette toute tâche de type ménager avec la plus grande lassitude possible et imaginable, remettant toujours à demain ce que je m'étais fixé de faire maintenant.
Alors je me demande pourquoi tout ce temps que j'ai devant moi, je ne suis pas fichue de l'employer à faire des tas de choses qui me plaisent, sachant pertinemment que durant l'année, lorsque je serai surchargée de travail (parce qu'évidemment, je me serai mal organisée et tout me retombera dessus en même temps), je regretterai tout ce temps perdu, tous ces livres que je n'aurai pas lu, tous ces films que je n'aurai pas vu. Quand tous les bons moments se seront éparpillés au vent, je n'aurai plus que ma nostalgie du passé sur laquelle pleurer. D'autant plus que le spleen se fait capricieux ces temps-ci, d'autant plus vicieux qu'il est incisif et fugitif, il joue à cache-cache avec moi et même si je joue le jeu l'air de rien, je sais que ce sera lui le plus malin. Bref, il est bon de s'arrêter quelques instants à ces réflexions en apparence vides de sens et qui ne me mèneront très certainement à rien, mais ça fait du bien, le tout accompagné en fond d'une petite mélodie spleenétique à souhait ("Together we will live forever" by Clint MANSELL). Et ce qui est le plus extraordinaire, c'est que j'ai allégrement digressé de mon sujet de départ en terminant sur un bon vieil apitoiement nombriliste^^. Chassez le naturel...
25 août 2007
Quai des brumes...
Noir et blanc de ciel gris, fondu en clair-obscur
Où jour rime avec nuit au fur et à mesure
Quand les ombres irradient une singulière clarté
Leurs yeux comme des étoiles semblent alors s'animer.
Des voix graves et posées aux accents si étranges,
Douces, elles nous caressent comme les ailes des anges.
Silhouettes sans passé qui s'animent un instant,
D'un geste se consument et que noie le néant.
Formes grises dans la brume, fantômes vacillants,
Que l'éternité fige en retenant le temps.
Magie de l'envoûtant, bribes de l'éphémère,
Quand sous la pellicule, les pantins sont de chair.
Touti, le 24/08/2007
19 août 2007
Je ne sais pas où je vais
Toute une accumulation de choses me mettent sur les nerfs ces derniers temps, tandis que d'autres m'apaisent (un peu). La routine me pèse, la façon dont mes rapports évoluent avec certaines personnes, entre ceux qui me déçoivent et ceux sur qui je découvre pouvoir compter, c'est assez déstabilisant. Je ne sais pas où je vais (c'est l'apanage du vrai voyageur, paraît-il), et ça ne fait que me stresser davantage de me poser toujours plus de questions. J'aimerais qu'un jour cela cesse, je ne comprendrai jamais comment une vie aussi vide d'événements que la mienne peut m'apparaître aussi instable.
04 août 2007
Ballet nocturne
Dans le désert de la page blanche
Pierrot s'avance d'un pas incertain
Tel l'oiseau en équilibre sur sa branche
Il entame la danse du pantin
Chacun de ses pas laisse une trace
Folle empreinte sur la voûte céleste
Chacun de ses mots prend sa place
Dans un ballet aux notes funestes.
Sur la toile les idées s'ordonnent
En mille et une couleurs
Au rythme de ses pas qui résonnent
Dans la nuit avant que sonne l'heure.
Touti, le 4/08/2007
Les anges
Le ciel comme un voile d'une étonnante clarté
Semble ouvrir à un monde éclatant de pureté.
Là-haut, les anges bleus dansent sur les nuages,
Dorés par le soleil comme des corps sur la plage.
Insouciants, ils virevoltent avec légèreté
Sur la voûte céleste, firmament azuré.
Tandis qu'en bas, les hommes, noyés dans l'inquiétude
Ne quittent déjà plus leur état d'hébétude.
Accablés de misère et d'ennuis sans relâche,
Ils n'ont pas d'autre choix que d'agir comme des lâches.
Levant les yeux là-haut, ils ne voient qu'un ciel gris,
Les anges sont bien loin, disparus dans la nuit.
Touti, le 4/04/2005
03 août 2007
Premiers pas sur la lune
Quand Faust réclame un poème à illustrer, ça donne le résultat qui suit (je laisse à votre oeil le soin de savourer^^ et pour plus de dessins du Monsieur, c'est par ici : http://faustnamida.blogspot.com/ ) :
Dans l’ombre scintillante de l’asphalte bleuté
Brillent ses pupilles aux reflets azurés,
Ses larmes sont furtives, son cœur est à l’envers,
Il vient à l’instant de rencontrer la chimère.
Douce comme une caresse sur l’étoffe soyeuse,
Ribambelle de sourires aux couleurs mielleuses,
Tel un pantin vaincu par l’indomptable charme
Il succombe à ce sortilège qui le désarme.
Elle, muse effrénée, ne ralentit sa course
Que lorsqu’au firmament elle atteint la Grande Ourse.
Sous l’auguste lueur de la lune rieuse,
De cache-cache grisants en poursuites rêveuses,
Pierrot le cœur en fête et l’âme en poésie
Oublie que tous les jours, il peint la vie en gris.
Insouciantes secondes d’un bonheur éphémère
L’esprit s’empare du monde effleurant la chimère.
Touti, le 20/06/2007
01 août 2007
Dans les songes de Pierrot...
Collab avec Faust :
Dans l'arbre de mes songes
Perdu, dans mes nuits sans paupières
A l'ombre de mes mensonges
Le coeur en bandoulière,
Pierrot écoute le silence de mes chants
En lisant les pages blanches de la nuit.
Il joue à cache-cache avec le néant
Qui nous guette sans un bruit,
Il s'amuse de mes faux-semblants
Qui s'évanouissent comme la pluie,
Il me lance un regard désarmant
Aux accents de mélancolie.
De sa douceur, je ne sais que faire,
Car tout en moi n'est que désert
Aride aux reflets blancs de fumée
Acide au parfum de rêve abandonné.
De sa douleur, je ne sais que faire
Car tout en moi n'est que poussière
Habile à masquer ma détresse
Agile à s'évanouir en prouesses
Car Pierrot danse ce soir sous la lune
De grâcieuses pirouettes en chansons
Dont l'écho se perd dans la lagune
Son art pour ultime raison.
Touti, le 1/08/2007















